Après le jugement, Marine Le Pen et le RN pressés de "tourner la page"
information fournie par AFP 09/07/2026 à 18:19

Marine Le Pen (c), cheffe du groupe parlementaire Rassemblement national (RN) et candidate à la présidentielle de 2027, et Jordan Bardella, président du RN, entourés de journalistes à leur arrivée à La Flèche pour un rassemblement de campagne, le 8 juillet 2026 dans la Sarthe ( AFP / FRED TANNEAU )

Partie en campagne avec une épée de Damoclès judiciaire au-dessus de la tête, Marine Le Pen espère rapidement faire oublier son procès et sa condamnation. Tout comme ses troupes, partagées entre l'envie d'en découdre rapidement et la nécessité de respecter la trêve estivale.

Le meilleur moyen de ne pas faire parler de soi, c'est parfois de se taire. A peine lancée, la campagne de Marine Le Pen est ainsi mise sur pause pour quelques jours: "rien de public jusqu'à la semaine prochaine" et "pas de déplacement ce week-end non plus", a fait savoir le RN mercredi soir. La prochaine apparition de la candidate serait prévue le 14 juillet, glisse son entourage.

Consigne suivie à la lettre par les porte-parole, omniprésents mercredi dans les matinales audiovisuelles et subitement absents sur les ondes jeudi.

Entretemps, leur championne a effectué une première sortie de campagne chahutée dans la Sarthe, où les images de son "ticket" avec Jordan Bardella étaient couvertes par le bruit de la casserolade dont l'ont gratifiée des opposants.

Au milieu du vacarme, on l'a entendue s'agacer devant les journalistes qui persistaient à l'interroger sur son pourvoi en cassation. "Je ne vais pas passer la campagne présidentielle à vous faire des analyses juridiques (...) Ce que je souhaite, c'est qu'on parle maintenant de politique parce qu'il en va de l'avenir des Français", a répliqué la désormais quadruple candidate à l'Elysée.

Pas envie de répondre aux attaques d'un Gabriel Attal, qui l'accuse de "guérilla judiciaire" pour "prendre en otage la campagne", ou d'un Raphaël Glucksmann, qui la compare à Donald Trump.

Des critiques traitées par le mépris. "Ca va sans doute être leur seul argument, parce qu'ils n'ont rien à proposer", a réagi Jean-Philippe Tanguy, fidèle lieutenant mariniste qui "met au défi (ses) adversaires de venir (la) chercher sur le fond et pas sur les bas-fonds".

"Occuper le terrain"

Beaucoup dans l'état-major nationaliste considèrent que cette polémique "va se tasser", à l'image de ce cadre convaincu "qu'à partir du 15 juillet, les gens ne veulent plus entendre parler de politique".

Marine Le Pen, cheffe du groupe parlementaire Rassemblement national (RN) et candidate à la présidentielle de 2027, salue ses sympathisants après une réunion de campagne à l'hôtel de ville de La Flèche, le 8 juillet 2026 dans la Sarthe ( AFP / FRED TANNEAU )

"On va encore en débattre quelques jours", mais rapidement "la page sera tournée", pronostique également le trésorier du parti, Kévin Pfeffer. Méthode Coué? En tout cas "on souhaite effectivement tourner la page, faire campagne et parler de fond" car "c'est ce que les Français veulent".

Passer à autre chose, vite. "Il y a une volonté de partir en campagne, d'aller à la rencontre des Français, d'aller parler de notre programme", abonde la députée Laure Lavalette.

D'ailleurs, pour marquer le coup, un "week-end d'action militante" est prévu dans toutes les fédérations dès cette semaine, à grand renforts de tractages sur les marchés et de collages de la nouvelle affiche dévoilée mardi soir - mettant en scène la "renaissance" d'une Marine Le Pen bras en croix.

"Ca nous permet de faire campagne dès cet été", se félicite une élue, ravie à l'idée d'envoyer "les militants occuper le terrain", même si Marine Le Pen va comme à son habitude "se mettre un peu en retrait" pendant le mois d'août.

Tout le monde n'est pourtant pas du même avis. "L'été, on ne fait pas campagne", tranche un membre du premier cercle de la patronne. "Les trêves, il faut les respecter", insiste un autre.

Ne pas bouger pour se faire oublier? "Les Français profitent quand même de l'été", reconnaît à demi-mot le directeur de campagne Julien Sanchez, qui privilégie le travail de l'ombre pendant cette période consacrée aux "réunions de travail sur la finalisation du projet (et) le bouclage des meetings".

Mais promis, "on va faire une campagne de terrain, offensive" et "dynamique". Chaque chose en son temps.