Après la reprise des hostilités, Trump déclare le cessez-le-feu avec l'Iran "terminé" information fournie par AFP 08/07/2026 à 14:02
Le cessez-le-feu avec l'Iran est "terminé", a déclaré mercredi le président américain Donald Trump, après de violents échanges de frappes entre les deux camps, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations avec Téhéran.
Comme fin juin, le stratégique détroit d'Ormuz est au coeur des affrontements, l'Iran revendiquant, malgré l'opposition des Etats-Unis, d'imposer des droits sur ce passage, et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes.
Le même scénario s'est répété: des tirs imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux, puis des frappes des Etats-Unis en riposte contre plus de 80 cibles dans la nuit en Iran, selon l'armée américaine.
En représailles, Téhéran a dit avoir frappé avec des missiles et des drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit et l'agence de presse Mehr a signalé des explosions dans la ville portuaire de Bouchehr, au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien.
"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a lancé Donald Trump à l'ouverture d'un sommet de l'Otan à Ankara, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran.
Avant d'ajouter que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s'ils le souhaitaient: mais "ils doivent revenir vers moi", "je ne veux plus avoir affaire à eux (les dirigeants iraniens, NDLR) (...) ce sont des malades".
Les propos de l'imprévisible président, coutumier des volte-face, ont fait bondir les cours du pétrole de plus de 6%, à près de 79 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.
"Spectre de la guerre"
Washington avait rétabli la veille ses sanctions économiques sur le brut iranien, levées par le protocole d'accord signé le 17 juin, qui a permis la réouverture du détroit d'Ormuz - par où transitent en temps normal 20% du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial.
Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs difficiles négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.
Mais la rhétorique reste martiale des deux côtés: l'Iran a mis en garde les Etats-Unis contre une "violation" du protocole d'accord, prévenant qu'il "prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité".
"Tout soutien apporté à l'armée américaine" pour des attaques contre l'Iran "sera une cible légitime", a prévenu Téhéran, qui accuse régulièrement ses voisins du Golfe d'autoriser des attaques depuis leur territoire.
Réveillée par les sirènes d'alerte aérienne, Nawal Saad, une fonctionnaire bahreïnie, fait part de son "angoisse". "Je ne veux pas revivre cette expérience de peur", dit cette quadragénaire à l'AFP, déplorant que "le spectre de la guerre plane de nouveau".
Négocier par la "force"
"Ces attaques ne font qu'exacerber la peur (...) et la détresse" des quelque 6.000 marins toujours bloqués dans le Golfe, a déploré l'Organisation maritime internationale de l'ONU (OMI).
Le Koweit a condamné "des attaques répétées et illicites de l'Iran", qui "compromettent" les efforts "de désescalade en cours". Tout comme le Qatar, l'un des pays médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a appelé "à poursuivre la voie du dialogue".
Sans désigner l'Iran, avec qui il mène des discussions sur la gestion d'Ormuz, Oman, situé de l'autre côté du détroit, a aussi condamné les frappes.
Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, a de son côté jugé depuis Ankara la riposte américaine "absolument nécessaire" pour afficher "fermeté" face à Téhéran.
La rhétorique de Trump "ne signifie pas nécessairement que le protocole d'accord s'est effondré", analyse Ali Vaez, de l'International Crisis Group, qui ne voit pas à ce stade "un risque élevé de retour à une guerre totale".
Les deux parties essaient de négocier "par l'usage de la force" les nombreuses questions laissées en suspens, relève-t-il. Et l'Iran n'entend pas, selon lui, renoncer au contrôle d'Ormuz, qu'il considère "comme leur plus grande réussite dans cette guerre".
Cette reprise des hostilités intervient pendant les funérailles organisées par l'Iran pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines.
A la veille de son inhumation jeudi dans sa ville natale de Mashhad, en Iran, le cercueil de l'ayatollah fait une étape en Irak, pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.