Après la mort d'un lycéen, le gouvernement veut renforcer la sécurité des stages de 3e et de 2de
information fournie par AFP 23/04/2026 à 19:29

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, le 13 avril 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

"Il y a probablement des choses à régler": le gouvernement s'est engagé jeudi à s'emparer de la question de la sécurité des mineurs lors de leur stage en entreprise, quelques jours après la mort d'un lycéen pour laquelle une information judiciaire est ouverte.

Les ministres du Travail Jean-Pierre Farandou et de l'Éducation nationale Édouard Geffray ont annoncé le lancement d'une mission flash, menée conjointement par les inspections générales des affaires sociales et de l'Éducation, pour "renforcer les conditions de sécurité" des stagiaires de troisième et de seconde.

Cette mission doit permettre de "mieux sécuriser encore les stages de mineurs en milieu professionnel, parce qu'il y a probablement des choses qui ne sont pas encore totalement connues" de la part des entreprises, a expliqué sur RMC M. Geffray.

"Il y a probablement des choses à régler, la preuve, c'est qu'un drame a pu arriver", a-t-il ajouté.

Vendredi dernier, un élève de 15 ans d'un lycée professionnel de Bagnols‑sur‑Cèze (Gard) est décédé écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage d'observation de seconde dans une entreprise de BTP.

Une information judiciaire du chef d'homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte jeudi par le parquet de Nîmes.

Les investigations ont établi que le lycéen  "conduisait le chariot élévateur dans la zone extérieure du magasin de matériaux lorsque, dans un virage, l'engin et le jeune se sont renversés ", a précisé le parquet. Le stagiaire est décédé "instantanément sous le poids de la machine ".

L'enquête vise à éclaircir les "circonstances exactes de déroulement du stage du mineur, de prise de possession et conduite du chariot" et les "manquements aux règles de sécurité" ainsi que leur "imputation", a ajouté la procureure de Nîmes Cécile Gensac.

Interrogée sur RTL, la mère de la victime s'est dite déterminée "à aller très très loin et porter justice à (son) fils", estimant qu'il y a eu "de gros manquements".

- Modifications -

Depuis 2005, les collégiens de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise, et les lycéens de seconde générale et technologique ont un stage obligatoire de deux semaines depuis 2024.

Le ministre de l'Education, Edouard Geffray, à la sortie du palais de l'Elysée, à Paris, le 8 avril 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Il s'agit de "stages d'observation" au cours desquels l'élève "ne peut rien faire d'autre que poser des questions", a rappelé le ministre de l'Education. "On n'est pas censé faire des branchements électriques ou conduire un chariot élévateur", a-t-il insisté.

En juin dernier, le syndicat CGT de l'Éducation avait dénoncé une série d'"accidents tragiques" ayant coûté la vie coup sur coup à trois adolescents en formation dans des entreprises, jugeant qu'"avec l'explosion des périodes de stage, les jeunes sont de plus en plus exposés aux dangers sans y être préparés".

Mercredi, une cinquantaine de parlementaires de gauche ont appelé, dans une tribune publiée dans L'Humanité, à suspendre les stages d'observation pour les mineurs "le temps de définir un cadre strict garantissant pleinement leur sécurité".

"On ne remet pas en cause le principe même des stages, parce que c'est aujourd'hui un élément déterminant d'égalité des chances pour faire découvrir des métiers à des jeunes qui, sinon, ne les découvriraient pas et n'auraient pas les mêmes opportunités que les autres", a de son côté souligné Édouard Geffray sur Ici Gironde jeudi matin.

Il a par ailleurs affirmé que le gouvernement envisageait des modifications pour les stages en entreprise des collégiens de troisième et des lycéens de seconde.

"Plutôt que de faire forcément un stage de 15 jours (...) dans la même entreprise, on réfléchit avec les fédérations professionnelles à faire en sorte que les élèves puissent effectuer des stages dans, peut-être, deux ou trois entreprises, de manière plus ponctuelle", a expliqué le ministre de l'Éducation.

Une telle configuration "limite l'impact pour l'entreprise et (...) permet aux élèves d'observer plus de métiers différents", selon lui.