Après la grève, la SNCF annonce une prime de 100 euros en juillet information fournie par Boursorama avec AFP 23/06/2026 à 16:09
La SNCF a proposé mardi, à la suite de la grève du 10 juin, de verser une prime de 100 euros à chaque cheminot et d'accorder du temps supplémentaire pour négocier les conditions de travail dans les nouvelles sociétés locales créées dans le cadre de l'ouverture à la concurrence.
Compte tenu de l'inflation en 2026, le groupe ferroviaire public, qui a réalisé un bénéfice record de 1,8 milliard d'euros en 2025, a promis le versement d'une prime supplémentaire de 100 euros en juillet à chacun des quelque 150.000 cheminots de l'entreprise, a indiqué la SNCF à l'issue d'une réunion avec les syndicats.
Par ailleurs, sans remettre en cause la filialisation, dont l'arrêt pur et simple est demandé par certaines des organisations syndicales, la direction a décidé d'accorder du temps au temps pour mieux négocier localement les conditions de travail dans les nouvelles sociétés filiales créées afin de répondre aux appels d'offres dans le cadre de l'ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence.
Les salariés SNCF transférés dans les trois sociétés locales déjà existantes, qui ont déjà remporté un de ces appels d'offres, auront jusqu'à "fin 2027", avec une option "d'un an supplémentaire", pour négocier l'organisation du temps de travail, a indiqué le groupe.
La SNCF souhaite ainsi "retrouver de la sérénité" et éviter une dégradation du climat social estival après la grève du 10 juin, largement suivie, à la suite de l'appel de ses quatre principaux syndicats.
Les futures sociétés qui seront créées lors de prochains appels d'offres disposeront de deux ans, au lieu de 15 mois initialement annoncés, pour négocier les conditions de travail locales adaptées à chaque marché avec les organisations syndicales.
"Les demandes sont différentes à Nice où existent beaucoup de trains en soirée et par exemple en milieu rural, où les demandes aux salariés porteront plutôt sur une polyvalence des tâches", a-t-on expliqué à la direction de la SNCF.
Pour le groupe, il ne s'agit pas d'un ralentissement du processus d'ouverture à la concurrence. "Il s'agit de se donner un maximum de chances pour embarquer les personnels dans la concurrence, il faut gagner avec le personnel, l'ouverture à la concurrence ne se fera pas sans les cheminots", a-t-on ajouté de même source.
Les assouplissements et mesures salariales ne s'appliquent pas aux anciens personnels SNCF ayant déjà basculé dans des sociétés concurrentes ayant remporté des appels d'offres, comme ceux de Transdev qui exploitent depuis un an la liaison régionale Nice-Marseille.
La SNCF souligne que les personnels bénéficiant du statut SNCF le conservent même dans les nouvelles sociétés créées. Elle rappelle qu'elle ne recrute plus "au statut" depuis 2020, recrutant désormais des salariés en CDI.
Aujourd'hui, 32% des personnels du groupe sont en CDI et 68% sous statut SNCF. D'ici la fin de la décennie, la proportion sera de 50-50, selon le groupe.