Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français information fournie par AFP 09/03/2026 à 19:00
Emmanuel Macron a affirmé lundi, à Chypre puis sur le Charles de Gaulle, que la France se préparait à un conflit au Moyen-Orient susceptible de "durer", avec un important déploiement aéronaval, et a esquissé une future mission internationale "défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz.
"Nous nous mettons en situation" pour inscrire les forces françaises dans la durée, a dit le président français à bord du porte-avions actuellement au large de la Crète, en Grèce. Pour lui, la guerre "durera à coup sûr dans cette phase intense (...) plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines".
La durée dépendra, selon lui, des objectifs des Etats-Unis et d'Israël qui ont déclenché des frappes contre l'Iran le 28 février. "Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régime, de système politique uniquement par des bombardements", a-t-il prévenu.
Emmanuel Macron a atterri en hélicoptère sur le porte-avions redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit. L'occasion d'expliquer le rôle "défensif" de la France dans cette guerre, avec le déploiement d'un important dispositif aéronaval appelé aussi à mobiliser, outre le Charles de Gaulle, "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe.
Objectif: "protéger" les ressortissants français dans la région, mais aussi les alliés et partenaires de la France, dont Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone de fabrication iranienne peu après le début du conflit, et les pays du Golfe visés par des représailles de Téhéran.
- "Interceptions" -
"Il y a eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours" de la part des forces françaises, dans le cadre de leurs "partenariats", a expliqué le chef de l'Etat sans plus de précisions.
Pour l'instant, le porte-avions va se concentrer sur la Méditerranée orientale, en défense de Chypre.
"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a martelé dans la matinée Emmanuel Macron lors d'une brève visite à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de cette île de l'Union européenne, au côté de son homologue chypriote Nikos Christodoulides.
"Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, également présent.
Ce dernier a invité ses "collègues européens à renforcer" avec "davantage de moyens flottants" l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'UE en mer Rouge, sous commandement grec. Emmanuel Macron a annoncé que la France y contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" -- contre une actuellement --, tandis que l'UE s'est dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime.
Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le président français.
- Gaz et pétrole -
C'est, selon lui, "essentiel" pour "la circulation du gaz et du pétrole", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.
Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires européens, mais des discussions sont aussi en cours avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.
A terme, le Charles de Gaulle pourra être appelé à se déployer vers le détroit d'Ormuz si cette mission voit le jour, "avec plusieurs autres pays", a-t-il précisé.
Après s'être entretenu la veille avec le président iranien Massoud Pezeshkian, puis dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Emmanuel Macron a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".
"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.