Approvisionnement en métaux critiques : l'UE signe un partenariat sur le nickel avec la Nouvelle-Calédonie information fournie par Boursorama avec Media Services 20/10/2026 à 15:09
Ce 17e partenariat européen vise aussi davantage de transformation du nickel sur place. Une feuille de route avec des actions concrètes est attendue sous six mois.
L'Union européenne et le gouvernement de Nouvelle-Calédonie ont signé mardi 20 octobre à Nouméa un protocole d'accord sur le nickel visant à soutenir la compétitivité minière de l'archipel et à sécuriser l'approvisionnement européen en métaux critiques.
Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de l'Industrie, a signé ce MoU (pour "Memorandum of Understanding", protocole d'entente) au cours d'une visite dans ce territoire français du Pacifique Sud. "Le partenariat ne remet pas en cause la maîtrise de la Nouvelle-Calédonie sur ses ressources en nickel", a-t-il assuré à l'AFP.
L'UE veut faire passer dans le vert, d'ici à 2030, les 17 matières premières critiques en "zone rouge". "Il faut éviter qu'un acteur puisse couper les flux et utiliser ces ressources comme une arme", a dit M. Séjourné à l'AFP. "L'enjeu est de moderniser cette filière et de la rendre plus compétitive, pas d'en faire un nouveau territoire minier", a souligné M. Séjourné.
Transformer la matière première, l'autre défi
La Commission étudie la création de nouveaux outils pour soutenir les prix: des contrats d'achat de long terme, une compensation de l'écart de prix et un prix plancher. Bruxelles prépare également des instruments commerciaux plus contraignants pour diversifier les approvisionnements.
Les débouchés sont un autre enjeu puisque l'UE dispose de capacités limitées de transformation du nickel. La Commission a mobilisé 1,4 milliard d'euros pour développer la filière européenne des batteries électriques. M. Séjourné cite aussi les aciers spéciaux, notamment pour l'industrie de défense.
Les élus indépendantistes du groupe Kanaky NC ont boycotté lundi l'allocution au Congrès, l'assemblée calédonienne. Mardi, M. Séjourné a estimé que "le siège vide de certains au Congrès" ne l'aidait pas à convaincre ses collègues européens de soutenir les projets calédoniens.
Kanaky NC dénoncé un défaut de consultation des groupes du Congrès. Favorable au partenariat, le groupe réclame une stratégie élaborée localement avec provinces, Congrès, coutumiers, opérateurs et État, et des garanties sur la valeur créée. Alcide Ponga, membre du gouvernement calédonien chargé des mines et ancien président à l'origine du MoU, veut des retombées locales maximales. Le président du gouvernement Milakulo Tukumuli appelle également à revoir la stratégie nickel et le code minier. Il entend travailler sur ces questions "dans les six mois à venir". "Nous n'avons pas le droit d'échouer", alerte-t-il. Les chefs coutumiers d'Inaat Ne Kanaky réclament pour leur part une consultation préalable et un rôle délibératif dans la feuille de route.