Amende contre le réseau social X : Washington exige le droit d'intervenir dans la procédure européenne, Bruxelles prête à "défense sa position" L'Europe est "prête à défendre" son amende contre X, contestée par Washington
information fournie par Boursorama avec Media Services 25/09/2026 à 15:53

"Nous ne tolérerons pas que la Commission européenne outrepasse ses prérogatives réglementaires", a attaqué l'aministration Trump.

Elon Musk et Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 30 mai 2025. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / KEVIN DIETSCH )

Les États-Unis ont exigé jeudi le droit de pouvoir soutenir le réseau social X d'Elon Musk dans sa procédure contestant l'amende de 120 millions d'euros infligée en décembre 2025 par l'Union européenne pour tromperie. Washington avance pour se justifier qu'une confirmation de l'amende aurait des "conséquences significatives" pour toutes les grandes plateformes technologiques américaines. La Commission européenne a assuré vendredi 25 septembre être "prête à défendre" sa position.

"Nous appliquons notre législation de manière objective, transparente et en nous appuyant sur des éléments solides" , et "nous sommes prêts à défendre notre position devant les tribunaux", a déclaré à la presse Thomas Regnier, porte-parole de l'exécutif européen. "Nous disposons de nombreux éléments de preuve et, comme toujours, il appartiendra à la justice de trancher. Elle est pleinement indépendante", a-t-il ajouté.

Bruxelles avait imposé une amende de 120 millions d'euros à X en décembre, pour sanctionner trois infractions de la plateforme vis-à-vis du règlement européen sur les services numériques, le DSA . La Commission estime que la plateforme a trompé ses utilisateurs avec les coches bleues censées certifier les sources d'informations, et qu'elle a manqué à ses obligations de transparence autour des publicités et en matière d'accès des chercheurs indépendants à ses données internes.

X, désormais intégré au groupe SpaceX, avait fait appel en février de cette amende devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), même s'il a depuis mis en oeuvre des mesures pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne.

"Moteurs américains de l'innovation et de la croissance"

Jeudi, le gouvernement américain a demandé à pouvoir intervenir dans la procédure, en appui de X. "Nous ne tolérerons pas que la Commission européenne outrepasse ses prérogatives réglementaires pour contrôler les moteurs américains de l'innovation et de la croissance", a déclaré dans un communiqué Brett Shumate, adjoint du ministre de la Justice Todd Blanche. Pour justifier sa légitimité à intervenir dans la procédure, le gouvernement américain explique qu'une confirmation de l'amende aurait des "conséquences significatives" pour toutes les grandes plateformes technologiques américaines.

Les États-Unis reprochent par ailleurs à l'Union européenne d'avoir enquêté sur Elon Musk ainsi que sur ses autres sociétés, même si elles n'avaient "pas de lien" avec le réseau social.

Le patron de SpaceX est un proche de Donald Trump et a dépensé près de 300 millions de dollars pour soutenir sa candidature victorieuse au scrutin présidentiel de 2024. Une fois l'ancien promoteur immobilier investi, Elon Musk a accepté de diriger la commission Doge, dont la mission consistait à trouver des sources d'économie au sein du gouvernement. Pour ce faire, son équipe a initié des coupes drastiques et des licenciements de fonctionnaires, qui ont contribué à détériorer son image publique.

En mai 2025, Elon Musk a pris ses distances avec Doge, avant de se brouiller publiquement avec Donald Trump, auquel il reproche un laxisme budgétaire. Mais les deux hommes se sont depuis réconciliés.