Amazon accélère dans l'informatique à distance, mais la facture de l'IA s'alourdit
information fournie par AFP 29/10/2026 à 23:51

Le groupe de Seattle a réalisé entre juillet et septembre un chiffre d'affaires de 201,9 milliards de dollars, en hausse de 12% sur un an. ( AFP / Ina FASSBENDER )

Comme ses rivaux, Amazon voit l'intelligence artificielle (IA) doper son informatique à distance, dont les ventes ont bondi de 39% au troisième trimestre, mais la facture dépasse les revenus et le pousse à emprunter.

Le géant américain de la distribution et de l'informatique en ligne était le dernier des trois leaders du "cloud" à publier ses comptes, au lendemain de Microsoft et Alphabet (Google), lourdement pénalisé par le ralentissement de sa publicité.

Au total, le géant de la distribution a réalisé entre juillet et septembre un chiffre d'affaires de 201,9 milliards de dollars, en hausse de 12% sur un an mais légèrement inférieur aux attentes, pour un bénéfice net de 20,7 milliards (-2%).

Ces résultats plombaient l'action d'environ 5% dans les échanges électroniques après la clôture.

Sa filiale Amazon Web Services (AWS), qui loue notamment de la puissance de calcul pour l'intelligence artificielle (IA), a accéléré son rythme de croissance annuelle pour le sixième trimestre d'affilée, selon le groupe.

Numéro un mondial du secteur, elle devance Azure (Microsoft) et Google Cloud, qui ont eux aussi affiché mercredi une forte croissance (+48% et +102%), en pleine course à l'IA devenue centrale pour l'économie et les marchés américains.

Le patron Andy Jassy prévoit pour AWS une croissance de plus de 40% en 2027 et 2028, et affiche une ambition sans complexe : "Il n'y a jamais eu d'entreprise réalisant 1.000 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. Amazon est en passe d'en avoir deux, avec AWS et son commerce", a-t-il lancé aux analystes.

– La facture –

Pour tenir le rythme de la course, Amazon a investi 77,3 milliards de dollars en équipements au troisième trimestre, quand Alphabet en consentait 51 milliards et Microsoft 45,2 milliards.

Sur l'année, le groupe de Seattle maintient son objectif d'investissements à environ 220 milliards de dollars, et compte dépenser "nettement plus" en 2027, a annoncé Andy Jassy.

En conséquence, son flux de trésorerie est devenu négatif de 42,4 milliards de dollars sur douze mois, confirmant que l'argent généré par l'activité ne suffit plus à financer ses investissements.

Dans cette course à l'IA, dans laquelle Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft prévoient d'investir ensemble plus de 700 milliards de dollars cette année, le groupe emprunte, comme les autres : sa dette à long terme a été multipliée par 2,6 depuis fin 2025, à 173,1 milliards.

De son côté, Microsoft s'apprête à recourir au marché obligataire, ce qu'il avait fait pour racheter LinkedIn mais jamais pour l'IA. Meta a annoncé lundi une levée en actions pouvant atteindre 95 milliards de dollars.

La dépense touche aussi les fournisseurs : Intel a publié jeudi des prévisions décevantes en raison de la pénurie de mémoire provoquée par l'IA, qui tire les prix très à la hausse.

Sur le terrain de Nvidia, Amazon compte rendre les Trainium, ses puces d'IA maison, "disponibles en dehors d'AWS (...) à partir de fin 2027", a annoncé Andy Jassy.

Comme Microsoft, qui a proposé cette semaine des départs volontaires à environ 60.000 salariés, Amazon taille dans ses effectifs de bureau : 30.000 postes supprimés en deux vagues, en octobre 2025 et en janvier officiellement pour lutter contre la bureaucratie et non à cause de l'IA.

Ses entrepôts comptent déjà plus d'un million de robots, dont l'impact sur l'emploi reste "faible par rapport aux cinq prochaines années", selon Andy Jassy. Le groupe emploie 1,64 million de personnes, dont près de 1,3 million dans ses entrepôts et sa livraison.

– Publicité ralentie –

Comme chez Google, les recettes publicitaires ralentissent: elles n'ont progressé que de 11%, contre 26% le trimestre précédent, ce qu'Amazon attribue au fait d'avoir avancé à juin ses promotions Prime Day.

Avant la publication, les analystes de Bank of America avertissaient qu'une publicité faible raviverait les craintes liées aux agents d'IA acheteurs, ces assistants capables de faire les courses à la place des internautes.

Amazon a bloqué Muse, celui de Meta, et poursuivi Perplexity en justice, tout en poussant le sien, Alexa for Shopping, utilisé selon lui par plus de 400 millions de clients sur un an.

Pour le trimestre des fêtes, le groupe prévoit une nouvelle accélération de sa publicité et un résultat d'exploitation de 28,5 à 33,5 milliards de dollars.