Allemagne: Les instituts relèvent leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027
information fournie par Reuters 24/09/2026 à 11:47

Les véhicules circulent en cette heure de pointe matinale, tandis que la brume du lever du soleil illumine l'horizon de Berlin

par Maria Martinez

Les principaux instituts économiques ‌allemands ont revu à la hausse, jeudi, leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027, soulignant que ​la performance de la première économie d'Europe avait été meilleure au premier semestre qu'initialement prévu au printemps.

L'économie allemande devrait connaître une progression de 1,3% en 2026, contre une prévision antérieure de 0,6%. Pour 2027, les ​instituts tablent sur une croissance de 1,1%, contre 0,9% précédemment.

Ces chiffres confirment une dépêche Reuters publiée mardi.

"L’économie s’est développée de manière plus ​robuste que prévu. Cependant, la reprise repose sur ⁠des bases fragiles, car les prix élevés de l’énergie et les problèmes structurels continuent de peser ‌sur l’activité économique", a déclaré Oliver Holtemoeller, de l’Institut de recherche économique de Halle (IWH).

L’économie allemande est en phase de reprise depuis la fin de l’année 2025, mais le ​rebond, bien que plus fort que ‌prévu au printemps, reste modeste, ont indiqué les instituts.

Les instituts prévoient une ⁠croissance de seulement 0,4% en 2028.

La croissance économique devrait perdre de son élan en 2028, car elle sera freinée par des facteurs structurels : la population active diminue en raison de l’évolution démographique, et la ⁠croissance potentielle continue de ‌baisser, ont expliqué les économistes.

La morosité de l’économie allemande a été un enjeu ⁠majeur lors des récentes élections régionales dans le pays, qui se sont soldées par des gains importants ‌pour l’extrême droite et l’extrême gauche.

La reprise économique a temporairement ralenti au troisième trimestre, ⁠ont indiqué les instituts. Alors que les indicateurs de confiance continuent de ⁠s’améliorer, les dernières données économiques ‌concrètes se sont révélées plus faibles.

Bien que le choc des prix de l'énergie lié à la guerre ​en Iran ait pesé sur l'économie, la hausse ‌des prix des carburants et du fioul domestique n'a jusqu'à présent eu que peu de répercussions sur l'ensemble des prix à ​la consommation, ont déclaré les économistes.

Toutefois, les instituts prévoient une hausse de l’inflation à 2,8% en 2026 et 3,2% en 2027, avant qu’elle ne retombe à 2,0% en 2028.

Le marché du travail ⁠ne devrait réagir qu'avec un certain décalage : l'emploi devrait continuer à reculer pour l'instant, tandis que le taux de chômage devrait passer de 6,4 % en 2026 à 6,2% en 2027, puis à 5,8% en 2028.

Ces prévisions sont établies conjointement par cinq instituts économiques de renom : le RWI à Essen, l’institut Ifo à Munich, l’IfW à Kiel, l’IWH à Halle et le DIW à Berlin.

(Maria Martinez ; version française Matthieu ​Huchet, édité par Augustin Turpin)