Allemagne-La coalition du chancelier Friedrich Merz tente de surmonter les divergences
information fournie par Reuters 05/05/2026 à 23:25

par Markus Wacket et James Mackenzie

Le chancelier allemand Friedrich Merz a maintenu mardi sa confiance à ses partenaires de coalition de centre-gauche malgré des divergences sur la politique fiscale, sociale et sanitaire qui ont soulevé les interrogations quant au futur du gouvernement.

A la veille de son premier anniversaire en tant que chancelier, Friedrich Merz a vu sa côte de popularité baisser tout comme celle de son parti chrétien-démocrate (CDU) et de son allié des sociaux-démocrates (SPD).

L'Allemagne a renoué avec la croissance à la fin de l'année dernière, après deux années de récession, mais l'économie nationale doit désormais faire face au choc énergétique découlant du conflit au Moyen-Orient ainsi qu'aux droits de douane américains imposés aux constructeurs automobiles allemands, qui patissent déjà de la concurrence chinoise.

"Je sais que le climat dans le pays est critique, très critique", a déclaré Friedrich Merz lors d'une conférence de presse, ajoutant que le sentiment de malaise était "palpable".

Mais le chancelier allemand a dissipé les rumeurs relayées par les médias faisant état d'une chute de sa coalition.

"Non, nous voulons et nous devons réussir avec cette coalition que nous avons maintenant", a-t-il déclaré.

Friedrich Merz est arrivé au pouvoir l'an dernier en faisant part de son désir de reconstruire l'armée allemande, et avec la promesse d'engager des réformes dans le secteur de la fiscalité, des retraites et des dépenses de santé afin d'alléger la pression sur les finances publiques.

Mais ces promesses ont été mises à mal par les dissensions au sein de sa coalition entre le SPD et la CDU.

Le dirigeant allemand, adepte du libre marché, a émis des critiques véhémentes contre le SPD par le passé mais a tempéré ses attaques depuis son arrivée à la chancellerie, appelant cependant ses partenaires à faire des concessions.

"L'Union a fait de nombreux compromis au cours des douze derniers mois, et c'est précisément pour cette raison qu'il est désormais temps que le SPD fasse preuve d'une plus grande souplesse et d'une plus grande volonté de compromis."

Les études d'opinions placent en tête l'AfD, parti d'extrême-droite, devant la CDU, alors que le SPD se bat pour la troisième place avec les Verts, à la suite de résultats désastreux pour le parti lors de deux élections fédérales cette année.

Selon un sondage réalisé par le quotidien économique Handelsblatt, 73% des Allemands doutent des compétences de Friedrich Merz en matière d'économie, domaine considéré auparavant comme un de ses points forts.

L'opposition au sein même du parti de Merz a conduit à un revirement sur la réforme des retraites à la fin de l'année dernière, lorsqu'il a accepté de nommer une commission spéciale chargée d'examiner de nouvelles propositions afin d'éviter un échec au Parlement.

Mais des questions clés, notamment l'âge de la retraite, les taux de cotisation et le niveau des prestations, restent en suspens.