Allemagne: IG Metall revendique 5% de hausse des salaires
information fournie par Boursorama avec AFP 23/09/2026 à 14:26

( POOL / LISI NIESNER )

Malgré la crise persistante de l'industrie allemande, le syndicat IG Metall a annoncé mercredi réclamer une hausse des salaires de 5% sur un an pour quelque 3,7 millions de salariés de la branche métallurgie-électrique, en invoquant le regain d'inflation.

Ces demandes concernent un très vaste ensemble industriel qui comprend notamment l'automobile en crise, les machines-outils, l'aéronautique, ou encore l'électronique.

En août, l'inflation en Allemagne a accéléré à 2,9% sur un an, tirée par les prix de l'énergie en hausse sur fond de conflit persistant au Moyen-Orient.

"Le porte-monnaie du quotidien se vide à la caisse du supermarché", tandis que "les coûts de santé augmentent, tout comme les frais de logement", a déploré lors d'une conférence de presse Nadine Boguslawski, responsable des négociations collectives au sein d'IG Metall.

Les revendications, déjà formulées ces derniers jours par les branches régionales du syndicat, constituent le point de départ pour les négociations avec le patronat qui doivent commencer en octobre.

Les employeurs appellent de leur côté à réduire les coûts dans un contexte de forte pression concurrentielle sur l'industrie allemande, en particulier de la part des groupes chinois.

"En revendiquant une hausse salariale de 5% dans le contexte actuel, l'IG Metall fait abstraction de l'ampleur et de la gravité de la crise qui frappe notre industrie", a réagi dans un communiqué Udo Dinglreiter, président de la fédération patronale de la branche métallurgie-électrique Gesamtmetall.

Le directeur financier de l'équipementier automobile Bosch, Markus Forschner, a lui estimé mercredi que la "compétitivité" avait la plus haute priorité, "en particulier pour les coûts de personnel", et dit compter sur les partenaires sociaux pour prendre des "décisions porteuses d'avenir".

IG Metall veut toutefois tenir compte des fortes disparités au sein du secteur et réclame pour la première fois une prime pour les salariés des secteurs les plus dynamiques, notamment la construction navale et ferroviaire, l'aéronautique, le spatial et l'armement.

"Ceux qui créent un succès exceptionnel doivent aussi être associés à ce succès", a estimé Nadine Boguslawski.

"Nous n'avons pas le luxe, lors des prochaines négociations salariales, de négocier le partage des gains", a objecté M.Dinglreiter, qui rappelle que la branche métallurgie-électrique a perdu 350.000 emplois depuis 2019.

Le syndicat a en outre fermé la porte à tout allongement du temps de travail, défendant la semaine de 35 heures arrachée dans l'industrie allemande en 1995.

"Cela constituerait un puissant levier de mobilisation pour nous", a averti devant la presse sa présidente Christiane Benner, assurant que le syndicat était "prêt à se battre".

En difficulté, le géant automobile Mercedes-Benz souhaite lui faire travailler ses salariés allemands trois heures supplémentaires sans hausse de salaire, selon le quotidien économique Handelsblatt.

Une obligation de paix sociale court jusqu'au 31 octobre, date d'expiration de la convention collective actuelle. En l'absence d'accord signé d'ici là, des grèves d'avertissement pourront débuter dès le 1er novembre.