Allemagne: début d'année "extrêmement atone" pour l'automobile, à part dans l'électrique information fournie par Boursorama avec AFP 04/02/2026 à 14:48
Le marché automobile allemand a fortement reculé en janvier, traduisant la faiblesse de la demande pour les constructeurs en crise, tandis que le segment électrique a continué de progresser, d'après des chiffres officiels publiés mercredi.
Selon l'agence fédérale de l'automobile KBA, environ 194.000 voitures ont été immatriculées en Allemagne, soit une chute de 6,6% sur un an.
C'est un début d'année "extrêmement atone" pour le marché, juge Imelda Labbé, présidente de la fédération automobile VDIK, dans un communiqué.
"Les particuliers se montrent réticents à l'achat" et "aucun changement de tendance n'est perceptible jusqu'à présent", estime Constantin Gall du cabinet EY.
Le désamour des consommateurs pour les moteurs essence (-29,9% d'immatriculation sur un an) et diesel (-17,1%) est particulièrement marqué.
Au contraire, l'immatriculation de voitures électriques a progressé de 23,8% sur un an, atteignant presque 43.000 unités.
Cela représente une part de marché de 22%, légèrement inférieure à celle des moteurs essence, mais constitue le troisième meilleur niveau mensuel depuis fin 2023, date de la disparition de primes à l'achat pour l'électrique.
Ce segment démarre 2026 avec une croissance moins forte qu'en 2025, quand les immatriculations avaient progressé de 43% sur l'année, note Constantin Gall.
Mais cette hausse traduisait plutôt un rattrapage qu'un boom: le virage électrique des constructeurs nationaux demeure plus qu'incertain.
En janvier, leurs concurrents électriques internationaux ont enregistré une hausse de 32,5% de leurs immatriculations.
Les marques chinoises affichent des croissances à trois voire quatre chiffres, à commencer par le leader mondial de l'électrique BYD.
Cette "croissance disproportionnée [...] montre l’intérêt élevé des clients pour des véhicules électriques abordables", indique Imelda Labbé de VDIK.
Quant à l'américain Tesla, durablement freiné par les frasques de son patron Elon Musk, il n'a enregistré qu'une légère hausse annuelle de ses immatriculations.
Depuis janvier, le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz a rétabli une prime à l'achat pour les voitures électriques et hybrides, allant de 1.500 à 6.000 euros, destinée aux ménages et soumise à un plafond de revenu.
Cela "va assurément insuffler une nouvelle dynamique au marché de l’électrique", estime M. Gall, mais bénéficiera sans doute en premier aux marques étrangères selon lui.