Allemagne: croissance confirmée à 0,3% au 1T, avant le choc de la guerre en Iran
information fournie par Boursorama avec AFP 22/05/2026 à 09:44

L'Allemagne, première économie européenne, a bien connu une croissance robuste de l'activité au premier trimestre 2026 selon des chiffres publiés vendredi, tandis que les effets négatifs de la guerre en Iran vont davantage affecter le trimestre en cours.

En crise, le secteur automobile allemand a connu un léger rebond au 1er trimestre (illustration) ( AFP / JENS SCHLUETER )

Entre janvier et mars, le Produit intérieur brut (PIB) a avancé de 0,3%, a indiqué l'institut de statistique Destatis dans un communiqué, confirmant une première estimation de fin avril.

L'Allemagne a ainsi, pour une fois, soutenu la croissance de la zone euro, dont le PIB n'a augmenté que de 0,1% sur la même période par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat.

"Après la légère croissance enregistrée à la fin de 2025, l'économie allemande a également commencé l'année 2026 de manière positive", a commenté Ruth Brand, présidente de l'institut, dans un communiqué.

Les exportations en hausse ont "soutenu l'activité économique", a-t-elle ajouté.

L'industrie manufacturière, qui connait une crise profonde, a rebondi de 0,7% sur le trimestre, portée notamment par le secteur automobile et les matériels de transport, détaille Destatis.

Les dépenses publiques ont également augmenté, tandis que la consommation des ménages privés n'a pas décollé, dans un climat d'incertitude élevé.

Après des mois de recul, le moral des consommateurs devrait s'améliorer en juin, avec une hausse attendue de l'envie d'acheter, selon le baromètre GfK publié vendredi.

Les effets du conflit au Moyen-Orient continuent toutefois de "peser sur la tendance générale et restent visibles dans le moral des consommateurs", nuance Rolf Bürkl, expert au GfK, dans un communiqué.

Pour cette raison notamment, la Banque fédérale d'Allemagne voit l'économie allemande "stagner" lors du trimestre en cours, tandis que la Commission européenne a nettement abaissé jeudi sa prévision de croissance allemande pour l'année, 0,6%, deux fois mois qu'anticipé en novembre.

Berlin table de son côté sur une progression de 0,5% du PIB.

Après un an d'exercice, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz est au plus bas dans l'opinion, ce qui s'explique par la hausse des prix de l'énergie, des réformes impopulaires et les divisions internes de la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates.