Allemagne: accalmie de l'inflation en mai, sans rassurer la BCE
information fournie par Boursorama avec AFP 29/05/2026 à 15:38

Une vue aérienne de Berlin, en avril 2025 (illustration) ( AFP / JOHN MACDOUGALL )

L'inflation sur un an en Allemagne a ralenti à 2,6% en mai grâce à une hausse atténuée des prix de l'énergie, avant une possible hausse des taux par la BCE en juin, selon des chiffres provisoires publiés vendredi.

Les prix de l'énergie ont augmenté en mai de 6,6% sur un an, après 10,1% en avril, selon un communiqué de l'Office statistique Destatis. Le panel d'analystes sondé par Factset anticipait un taux d'inflation retombant à 2,7%, après avoir atteint 2,9% en avril.

L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), scruté par la BCE puisqu'il permet de comparer les pays de la zone euro, s'est quant à lui établi à 2,7% sur un an.

"Après deux hausses consécutives, l'inflation allemande envoie un signal d'accalmie, qui pourrait toutefois être trompeur", commente Elmar Völker, économiste à la banque LBBW.

L'allègement des prix des carburants est dû au "rabais" fiscal accordé depuis le 1er mai et pour deux mois par le gouvernement allemand: en mai, les prix de l'essence ont ainsi reculé d'environ 5 centimes après la baisse de taxe, contre près de 18 centimes pour le diesel, a indiqué vendredi l'Office fédéral anti-cartel (BKA).

"Cet effet modérateur sur les prix pourrait toutefois s'estomper dès juillet si le gouvernement ne prolonge pas les mesures", note M. Völker.

Les répercussions de la guerre avec l'Iran pourraient par ailleurs gagner d'autres secteurs que l'énergie.

Cela ne s'est pas encore vu dans l'alimentation, où la croissance des prix a ralenti en mai à 0,4% sur un an, après 1,2% en avril.

Dans les services en revanche, ils ont accéléré de nouveau, à 3,1%, de manière "désagréablement élevée", commente Dirk Schumacher, chef économiste à la banque publique KfW.

Egalement surveillée par la BCE, l'inflation sous-jacente, hors prix volatils de l'énergie et des denrées alimentaires, a ainsi accéléré à 2,5%, deux dixièmes de point de plus qu'en avril.

"L'évolution de l'inflation à court terme dépendra largement de la situation au Moyen-Orient", selon M. Schumacher.

Si le détroit d'Ormuz rouvre, les prix de l'énergie puis l'inflation devraient progressivement connaître une accalmie mais "même dans ce cas, l'inflation dans les services devrait rester persistante", selon l'économiste.

La Banque centrale européenne se réunira le 11 juin et plusieurs de ses responsables ont récemment signalé une possible hausse des taux, afin d'afficher de la fermeté face au risque d'une inflation durable alimentée par le conflit en Iran.