Alimentation : la grande distribution française doit faire d'"importants" progrès dans l'accès aux produits "sains", selon une étude information fournie par Boursorama avec Media Services 05/02/2026 à 14:23
La fondation à l'origine de l'étude demande des "politiques plus strictes pour limiter le marketing en faveur des aliments trop gras, trop sucrés et trop salés ciblant les enfants".
Les distributeurs français ont trop tendance à favoriser les produits gras et sucrés et à vendre les aliments sains plus chers selon un rapport relayé jeudi 5 février par le Réseau Action Climat (RAC).
L'Initiative pour l'accès à la nutrition (ATNi), fondation internationale basée aux Pays-Bas, a analysé la façon dont les trois premiers distributeurs français, E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, "influencent l'accès à une alimentation nutritive et abordable". D'après son étude, chacune de ces enseignes "consacre moins d'un quart de l'espace de ses prospectus à la promotion de produits sains" , Carrefour affichant "la part la plus élevée de produits sains mis en avant (21 %), suivi d'E.Leclerc (19 %) et d'Intermarché (17 %)".
"À l'inverse, les promotions de produits défavorables à la santé occupent" 47 % de l'espace promotionnel chez Carrefour, 35 % chez E.Leclerc et 44 % chez Intermarché.
En mai, plusieurs associations dont Foodwatch France, le RAC et France Assos Santé, avaient accusé les supermarchés de "brader" la santé des consommateurs. Elles avaient passé au crible "près de 5.000 promotions alimentaires" mises en place par les cinq plus gros distributeurs français, dont 66% concernaient "des produits trop gras, trop sucrés, trop salés" .
Les paniers sains 23,5% plus chers
Autre angle d'attaque: les qualités nutritionnelles des marques propres des distributeurs. Sur plus de 8.000 produits évalués par l'ATNi, seuls 25 % obtiennent un Nutri-Score A ou B.
En outre, chez Carrefour et E. Leclerc (seules enseignes dont les prix ont pu être analysés), "les paniers alimentaires plus sains sont en moyenne 23,5% plus chers que les paniers moins sains , ce qui rend l'accès à une alimentation saine plus difficile", souligne le RAC.
Dans ce contexte, l'ATNi appelle distributeurs, investisseurs et décideurs politiques à œuvrer notamment en faveur de promotions priorisant fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses, et de "politiques plus strictes pour limiter le marketing en faveur des aliments trop gras, trop sucrés et trop salés ciblant les enfants".
L'ATNi et le RAC, qui pointait déjà la semaine dernière le retard de la grande distribution française en matière d'alimentation durable , exhortent plus largement le gouvernement à utiliser la future Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), maintes fois reportée, pour "davantage réglementer les entreprises du secteur agroalimentaire".