Adolescent tué par balle au nord de Lyon: un adulte et un mineur en garde à vue
information fournie par AFP 14/04/2026 à 19:38

Des policiers dans le quartier Belleroche de Villefranche-sur-Saône le 13 avril 2026 ( AFP / Olivier CHASSIGNOLE )

Un mineur et un adulte restaient en garde à vue mardi au lendemain de la mort d'un jeune de 13 ans tué par balles dans une épicerie de Villefranche-sur-Saône (Rhône) dans des circonstances qui restent floues.

Lundi vers 13H15, cet adolescent inconnu de la justice a été retrouvé blessé par balle à la tête dans ce commerce du quartier populaire Belleroche. Les secours ne sont pas parvenus à le réanimer.

Le parquet de Villefranche-sur-Saône, une ville de 70.000 habitants au nord de Lyon, avait d'abord annoncé l'interpellation de deux mineurs de 12 et 15 ans, présents sur les lieux.

Deux autres jeunes de 15 et 16 ans, eux aussi présents au moment des faits, ont également été arrêtés, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué.

Le gérant de l'épicerie, un homme de 44 ans membre de l'environnement familial d'un des adolescents, a pour sa part été interpellé pour "détention d'arme", a ajouté la procureure Laetitia Francart.

Trois des adolescents ont été relâchés après avoir été entendus. Le dernier est toujours en garde à vue, comme le gérant de l'épicerie, a-t-elle précisé.

"L'arme n'a toujours pas été retrouvée", a fait savoir Mme Francart, qui a ouvert une enquête pour assassinat, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Lyon.

Elle a annoncé se dessaisir au profit du parquet de Lyon "en raison de la nature criminelle des faits reprochés".

Les circonstances "restent à déterminer" et "il ne peut être communiqué à ce stade sur les versions des personnes mises en causes", a tenu à souligner la magistrate, alors que plusieurs habitants du quartier évoquent un "accident".

- Hommage -

L'adolescent tué, surnommé Wissam, et les deux mineurs arrêtés en premier étaient de "très bons amis", "ce ne sont pas des délinquants", déclare ainsi Hamed Salem, un ami du père de la victime contacté par l'AFP.

Selon lui, les adolescents auraient trouvé cette arme par hasard, puis joué avec avant que le coup mortel parte.

"Vous trouvez cela normal qu'on trouve une arme dans un magasin ? C'est choquant", estime pour sa part Abdelkader Bouterfas, 59 ans, secrétaire de la mosquée de Belleroche, rencontré en marge d'un hommage au jeune garçon.

Une soixantaine de personnes, majoritairement des jeunes, se sont retrouvées mardi soir dans un complexe sportif du quartier, où le rassemblement en mémoire de Wissam s'est déroulé à l'écart des médias.

"Ce qui m'énerve, c'est qu'on dise que ça s'est passé à côté d'un point de deal!", confie un habitant du quartier, la cinquantaine, qui a souhaité conserver son anonymat. "Ce n'est pas une zone de non-droit ici !"

Entouré de HLM et de pavillons d'habitation, le centre commercial où s'est déroulé le drame, est quasi désert. De nombreuses enseignes ont fermé à cause d'un chantier de renouvellement urbain du quartier qui doit durer plusieurs années. Mais quelques cafés subsistent encore, tout comme l'épicerie où s'étaient retrouvés les jeunes, raconte M. Salem.

Thomas Ravier, maire divers droite de Villefranche-sur-Saône, a déploré sur Facebook un "drame absolu", une "horreur totale qui nous plonge dans le chagrin et le choc". Une enquête est en cours, a-t-il rappelé, en appelant à "laisser la police et la justice faire leur travail".