Achats du secteur public : le Medef demande une enquête de la Cour des comptes sur les retards de paiement information fournie par Boursorama avec Media Services 25/06/2026 à 08:57
Le respect des délais de paiement constitue à "un facteur essentiel de compétitivité pour les entreprises", souligne le patronat.
Plus de vingt jours de retard en moyenne et parfois jusqu'à 300 jours. Les délais de paiement des acheteurs publics fragilise la trésorerie des entreprises privées, a estimé mercredi 24 juin le Medef qui a demandé à la Cour de comptes de lancer une enquête nationale.
Cette demande a été déposée dans le cadre de la consultation organisée par la haute juridiction financière pour préparer son programme de travail pour 2027, indique la première organisation patronale française dans un communiqué.
Selon le Medef, il s'agit de la première proposition d'enquête déposée par une organisation interprofessionnelle dans ce cadre. La demande fait suite à des échanges entre le président du Medef, Patrick Martin, et la première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin.
Le respect des délais de paiement constitue à la fois "une obligation légale et un facteur essentiel de compétitivité pour les entreprises" , souligne le Medef. Or, les retards à payer de la sphère publique "ont dépassé 15 jours en moyenne" en 2025 et "continuent de se dégrader", selon l'organisation patronale.
Les grandes entreprises, "mauvais payeurs" également
"Par exemple, les établissements publics de santé affichent un retard moyen de 21,7 jours et les services déconcentrés de l'Etat de 25,4 jours", remarque-t-elle, tandis que certaines entreprises font état de délais dépassant 300 jours, "voire plusieurs années".
Le Medef estime par ailleurs que les intérêts moratoires, pourtant dus automatiquement en cas de retard, sont encore trop rarement versés, particulièrement aux plus petites entreprises.
Les retards de paiement sont un problème récurrent pour les entreprises, dont la sphère publique n'est pas seule responsable.
Selon le baromètre du cabinet spécialisé Arc, publié mardi, le retard moyen de paiement entre entreprises est passé de 17,3 jours en 2025 à 18,9 jours en 2026, souvent dans le sens d'un retard des plus grandes entreprises vers les plus petites.
En octobre, la Banque de France qualifiait les grandes entreprises "de plus mauvais payeurs" que les autres. Elle estimait à 13 milliards d'euros de trésorerie ce que les PME auraient récupéré en 2024 sans ces retards.