"Acharnement", fustige un ex-baron de la drogue jugé pour un triple narchomicide
information fournie par AFP 30/10/2026 à 17:17

Croquis d’audience du 19 octobre 2026 montrant l’accusé Amine Oualane (d) tet ses coaccusés (g-d) : Karim Harrat, Nadjim Mbae, Ahmed Zakaria Bensaci et Malik Kariba lors de leur procès, à Aix-en-Provence, dans une affaire de meurtres liée au trafic de stupéfiants et au réseau DZ Mafia à Marseille entre décembre 2020 et janvier 2021 ( AFP / Benoit PEYRUCQ )

"C'est un acharnement", a lancé vendredi l'ex-baron de la drogue marseillais Karim Harrat, jugé pour son rôle présumé dans un triple narchomicide perpétré en décembre 2020, face à des messages sur une messagerie cryptée qui l'incrimineraient, selon l'enquête.

M. Harrat dément toute implication, alors qu'il est accusé d'être le commanditaire et le financier de ce triple assassinat dont les victimes, impliquées dans le trafic de stupéfiants, avaient été retrouvées carbonisées. Parmi elles, le frère aîné du militant marseillais anti-trafic Amine Kessaci.

Devant la cour d'assises à Aix-en-Provence, les avocats de M. Harrat ont attaqué la crédibilité de messages retenus contre leur client, retrouvés sur la messagerie cryptée Sky ECC, prisée des narcotrafiquants.

La conversation concerne un "véhicule plein de sang", un corps que l'on semble vouloir "enterrer" avant de se raviser: "non je vais le brûler", rappelle l'enquêtrice citant des propos dont "la teneur" semble indiquer que l'auteur est "quelqu'un de très proche de Karim Harrat et suit ses instructions."

"Quelles certitudes vous avez que le 29 et 30 décembre c'est Karim Harrat derrière le téléphone", insiste son avocat, Karim Morand-Lahouazi.

"Ma certitude, monsieur, c'est le pseudo", rétorque une major de police. Utilisée sous le nom "Le Rant 2", cette ligne renvoie directement au "Rant", surnom de Karim Harrat dans le milieu, selon les enquêteurs.

Un sobriquet que Karim Harrat, âgé de 38 ans, ne cesse de réfuter. Il le tiendrait, selon l'accusation, de l’époque où il n'était encore qu'au bas de l'échelle du narcobanditisme et s'était vu affubler du nom de "Rantanplan", le chien de Lucky Luke.

"Jamais, madame", rétorque l'accusé. "C'est un acharnement contre moi", lance-t-il, avant d'être repris par le président de la Cour.

Karim Harrat a déjà écopé de dix ans de prison pour avoir été le "donneur d'ordres principal" d'un réseau de stupéfiants piloté depuis l'étranger. Il a été condamné à 25 ans de prison pour un double assassinat commis en 2019. Dans ces deux affaires il a fait appel.

Pour ce triple narchomicide, il est jugé aux côtés de quatre co-accusés, dont Amine Oualane, un dirigeant présumé de la DZ mafia.

Le calendrier du procès, qui se tient depuis le 19 octobre, a été bousculé par le déroulé des audiences et les mobilisations sociales qui ont entraîné le report de plusieurs demi-journées pour permettre aux effectifs de sécurité d'être redéployés.

Si le verdict était initialement attendu le 6 novembre, il pourrait ainsi être repoussé jusqu'au 13 novembre.