Accord UE-Mercosur : le Brésil voit rouge après la suspension des importations de volaille et de boeuf brésiliens information fournie par Boursorama avec Media Services 04/09/2026 à 13:40
Dans un communiqué jeudi 3 septembre, le Brésil dit "attendre fermement que le dialogue technique en cours permette de parvenir à une solution rapide, objective, transparente et fondée sur des critères scientifiques".
Une "profonde préoccupation". Dans un communiqué au ton courroucé, le Brésil a critiqué la suspension des importations de volaille et de boeuf brésiliens par l'Union européenne (UE), qui réclame des garanties sur le respect de ses règles sanitaires.
La Commission européenne reproche au géant latino-américain de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l'utilisation abusive d'antibiotiques dans l'élevage. Brasilia "attend fermement que le dialogue technique en cours permette de parvenir à une solution rapide, objective, transparente et fondée sur des critères scientifiques", ont indiqué les ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l'Agriculture dans le communiqué publié jeudi 3 septembre. Ils espèrent qu'une telle solution "reconnaisse de manière adéquate les garanties offertes par le pays et demeure à l'abri de pressions de nature protectionniste".
L'UE veut donner des gages de sa vigilance, alors qu'elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay. Le Brésil a été retiré en mai d'une liste de pays respectant les règles de l'UE relatives à l'utilisation intensive d'antibiotiques dans l'élevage, sous la pression de ce secteur après la signature de cet accord.
L'UE assure que son approche est "proportionnée, non discriminatoire"
Le Brésil "est l'un des principaux fournisseurs de protéines animales pour le marché européen, ce qui atteste de la conformité de nos exportations aux normes communautaires", s'est défendu Brasilia, affirmant avoir adopté les "mesures nécessaires" et fourni les "informations pertinentes" à l'UE. "Si les négociations n'aboutissent pas en temps utile à une solution satisfaisante, le gouvernement brésilien se réserve le droit de recourir aux instruments appropriés afin de garantir des conditions de commerce équilibrées", ont averti les ministères brésiliens. Ils citent notamment les "mesures de réciprocité" prévues dans la législation brésilienne et les "mécanismes pertinents" prévus dans l'accord UE-Mercosur.
Ce vendredi matin, l'Union européenne a souligné que ses règles contre l'utilisation abusive d'antibiotiques étaient "connues depuis longtemps" par les "pays tiers". "Notre approche est proportionnée, non discriminatoire, et nous avons laissé à nos partenaires suffisamment de temps ainsi que toutes les informations nécessaires pour s'adapter", a affirmé Olof Gill, un porte-parole de la Commission européenne. Bruxelles promet de poursuivre "une coopération étroite avec les autorités brésiliennes afin de leur permettre de s'assurer qu'elles respectent pleinement les exigences requises".
En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l'UE de viande bovine, avec plus de 92.000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d'euros. Outre la viande de boeuf et la volaille, la suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel.