Accord nucléaire américano-saoudien : Israël, contexte, conséquences... à quoi peut-on s'attendre après l'annonce de Donald Trump ? information fournie par Boursorama avec Media Services 24/07/2026 à 08:57
L'accord nucléaire entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite a été annoncé dans la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 juillet, il "sera approuvé, mais il est entièrement conditionné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux accords d'Abraham", a ensuite écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Fera-t-il long feu ? Un accord entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite a été annoncé, visant à doter ce pays du Golfe d'un programme nucléaire civil . Cela semblait constituer une victoire pour le royaume, mais quelques heures plus tard, Donald Trump a affirmé que cet accord était "entièrement conditionné" à la normalisation des relations avec Israël. voici un aperçu de la situation actuelle.
Donald Trump va-t-il faire capoter l'accord ?
Après la signature de l'accord, l'Arabie saoudite semblait avoir enfin pu concrétiser une ambition de longue date. Mais quelques heures seulement après, Donald Trump a annoncé une nouvelle condition via son réseau Truth Social. "L'accord sur le nucléaire civil (...) en cours de conclusion entre le ministère américain de l'Energie et l'Arabie saoudite (...) sera approuvé, mais il est entièrement conditionné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux (...) accords d'Abraham", a affirmé le président américain.
Signés en 2020, ces accords économiques, commerciaux et sécuritaires ont conduit à la normalisation des relations entre Israël et trois pays arabes : les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc. Cette clause pourrait constituer un obstacle insurmontable pour l’Arabie saoudite, qui répète qu'elle conditionne toute reconnaissance d'Israël à la création d'un Etat palestinien auquel s'oppose le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Si Washington tente d'imposer la normalisation à Ryad, cela a peu de chances de bien se passer", a déclaré à l'AFP H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute de Londres.
"Israël souffre d'une image plus négative que jamais. L'Arabie saoudite déciderait-elle de faire un revirement complet par rapport à ce qu'elle a déclaré ces trois dernières années, voire ces 30 dernières années ? C'est très peu probable" . Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est réjoui de la dernière déclaration de Donald Trump, estimant qu'une reconnaissance d'Israël par l'Arabie saoudite représenterait "une avancée historique".
Quel contexte ?
Le recours à la technologie nucléaire s'inscrit dans la politique saoudienne visant à répondre à la croissance rapide de la demande énergétique dans le royaume tout en réduisant "la dépendance aux hydrocarbures afin d'utiliser le pétrole pour des usages à plus forte valeur ajoutée et pour l'exportation", selon le ministère de l'Energie. S'il est approuvé par le Congrès américain, cet accord devrait également constituer une aubaine économique pour les entreprises énergétiques américaines et renforcer encore les liens étroits entre Ryad et les Etats-Unis.
"L'alternative n'était pas une Arabie saoudite sans ambitions nucléaires, mais un programme nucléaire saoudien ancré dans les chaînes d'approvisionnement russes ou chinoises, sans visibilité pour les Etats-Unis, sans ancrage commercial pour Westinghouse (entreprise américaine, NDLR) et sans levier structurel", indique à l'AFP Hesham Alghannam, chercheur saoudien spécialiste des questions de sécurité. Cette annonce intervient aussi alors que les Etats-Unis mènent une guerre contre l'Iran qui a débuté en grande partie en raison des inquiétudes concernant le programme nucléaire controversé de Téhéran.
Le Wall Street Journal a fait état d'une clause pouvant permettre à des entreprises américaines de construire un complexe d'enrichissement d'uranium dans le royaume. Cependant, Donald Trump a semblé contester ces déclarations, déclarant sur Truth Social : "Il n'y aura aucun enrichissement". Et le ministère américain de l'Energie n'a fait aucune mention d'une telle disposition et n'a pas souhaité faire de commentaire lorsqu'il a été interrogé à ce sujet par l'AFP.
Quelles conséquences pour la région ?
Depuis des décennies, des responsables s'inquiètent des répercussions de la diffusion des technologies nucléaires et de la militarisation de ces programmes, avec le risque d'alimenter la course aux armements. Mais le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a assuré jeudi que des "garanties" seraient intégrées au texte et que Ryad souhaitait se doter d'un programme "pacifique et civil". Pour certains analystes, cet accord s'inscrit par ailleurs dans un nouveau contexte sécuritaire qui commence à se dessiner dans le sillage de la guerre en cours avec l'Iran.
"Le message général est que le Moyen-Orient d'après-guerre est en train de donner naissance simultanément à un nouvel ensemble de règles en matière de coopération nucléaire, de garanties de sécurité et de rivalité entre grandes puissances", note Hesham Alghannam.