A Washington, "la meilleure des conversations" entre Trump et Netanyahu pour faire front contre l'Iran
information fournie par AFP 28/07/2026 à 23:33

Cette image créée le 3 juin 2026 montre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu (G) à Jérusalem le 19 mars 2026 et le président américain Donald Trump dans le New Jersey le 22 mai 2026 ( POOL / Ronen Zvulun )

Le président américain Donald Trump a rencontré mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, une réunion qualifiée de "positive" par les deux parties, leur permettant de faire front commun contre l'Iran.

Dans une vidéo diffusée après la réunion par M. Netanyahu, le Premier ministre israélien a assuré avoir eu "la meilleure des conversations" avec Donald Trump, expliquant que la rencontre avait notamment porté sur leur "objectif commun: s'assurer que l'Iran ne se dote pas d'armes nucléaires".

"Ce fût une réunion extrêmement positive", avait auparavant renchéri une source proche de M. Netanyahu.

De son côté, la Maison Blanche s'est félicitée sur X d'une "rencontre positive et constructive".

Pour autant, l'entretien à huis clos, qui a duré environ une heure et demie et à l'issue duquel les participants n'ont eu aucun échange avec la presse, ne dissipe pas l'impression de divergences entre eux.

Il s'agissait de leur première rencontre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et leur huitième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie avec l'Iran, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Israël, qui avait lancé conjointement avec les Etats-Unis l'offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n'a pas pris part à la dernière vague d'affrontements, en juillet.

"Pas de rupture"

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juin 2026 ( POOL / RONEN ZVULUN )

A son arrivée à Washington lundi, M. Netanyahu a participé à un dîner organisé en mémoire du sénateur Lindsey Graham, décédé le 11 juillet, a indiqué son cabinet. Il a également assisté à ses obsèques mardi après-midi, aux côtés du président Trump.

La visite de M. Netanyahu survient à un "moment critique pour le Moyen-Orient", tandis que l'Iran continue "de privilégier le terrorisme plutôt que les négociations" et de bloquer le détroit d'Ormuz, voie navigable stratégique, a déclaré plus tôt mardi Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies.

Elle intervient par ailleurs alors que le Premier ministre brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre, et que les derniers sondages le donnent en difficulté.

Les relations entre MM. Trump et Netanyahu s'étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s'en prenant alors vertement à son allié israélien, accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

Le président américain avait notamment qualifié M. Netanyahu de "type très difficile". Le Premier ministre avait concédé des "désaccords tactiques", tout en assurant partager avec son homologue américain les mêmes objectifs dans la guerre.

Interrogé mardi matin sur des informations selon lesquelles l'Iran fortifie la montagne Kolang, où l'Iran est soupçonné d'abriter un complexe nucléaire profondément enfoui, M. Trump avait répondu: "Je n'ai pas besoin que Bibi (le surnom de Netanyahu) me dise ça. Bibi me dit ça parce qu'il veut que je reste impliqué."

"Je sais exactement ce qui se passe à Kolang, ce n'est pas un gros problème. Si nous ne parvenons pas à un accord, nous le détruirons très facilement", a-t-il dit sur la chaîne Fox News avant la rencontre.

Photo prise depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, montrant la fumée d'une explosion contrôlée par Israël dans le village de Kfar Tebnit, le 21 juillet 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

"L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays en particulier, qu'il n'y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les Etats-Unis et Israël", a affirmé à l'AFP Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Pétrolier saoudien

Ailleurs, les Houthis ont affirmé mardi avoir visé à l'aide de missiles balistiques un pétrolier saoudien en mer Rouge, accusant le navire d'avoir "violé le blocus naval" que les rebelles yéménites soutenus par l'Iran disent avoir imposé au royaume.

Le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'est récemment étendu à un front resté relativement calme depuis 2022, entre les Houthis et l'Arabie saoudite, qui soutient militairement le gouvernement yéménite opposé aux rebelles.

Par ailleurs, le ministère saoudien de la Défense a annoncé que l'armée avait intercepté des drones qui visaient des installations pétrolières dans l'est du royaume, accusant des groupes "liés à l'Iran" de les avoir lancés depuis l'Irak, pour la deuxième journée consécutive.

Malgré cela, les cours du pétrole ont poursuivi leur baisse mardi avec l'accalmie des hostilités au Moyen-Orient.