A Venise, le célèbre Harry's Bar porte plainte pour les dommages causés par les vagues
information fournie par Reuters 01/10/2024 à 17:42

par Francesca Piscioneri

Le propriétaire du Harry's Bar, bar-restaurant vénitien dont Ernest Hemingway fût un habitué, a déposé une plainte auprès des autorités de la ville pour leur demander de faire davantage pour empêcher les bateaux de naviguer à grande vitesse, ce qui crée des vagues qui endommagent l'établissement.

Menacée par les inondations et le "moto ondoso", l'érosion des bâtiments par les vagues des bateaux, Venise a restreint les limitations de vitesse entre 5 et 20 kilomètres par heure.

Mais pour Arrigo Cipriani, propriétaire du Harry's Bar, ces limitations sont souvent ignorées et mal appliquées.

"Nous avons déposé une plainte auprès des autorités chargées du trafic maritime à Venise (...) concernant l'état des berges (du canal) qui sont clapotées par les vagues et deviennent glissantes et dangereuses", a-t-il déclaré à Reuters.

Les bateaux rapides sont particulièrement gênants pour le Harry's Dolci, annexe du Harry's Bar qui donne sur le canal de la Giudecca, car les vagues qu'ils provoquent éclaboussent les clients, a-t-il ajouté.

Arrigo Cipriani, âgé de 92 ans, a proposé d'installer des barrières en bois pour garder ses clients au sec mais l'idée a été rejetée par les autorités de la ville chargées de la conservation et du patrimoine.

Michele Zuin, conseiller municipal chargé du trafic fluvial, a déclaré qu'il comprenait les plaintes du propriétaire du Harry's Bar et d'autres entrepreneurs, et que la municipalité s'efforçait de répondre à leurs préoccupations.

Il a déclaré à Reuters qu'il y aurait davantage de contrôles de vitesse. "Nous ne partons pas de zéro, mais nous améliorons le système".

Fondé en 1931 par le père d'Arrigo Cipriani, Giuseppe, le Harry's Bar devint le quartier général de l'écrivain Ernest Hemingway lors de son séjour à Venise. Il est mentionné dans le roman "Au-delà du fleuve et sous les arbres" publié en 1950.

(Reportage Francesca Piscioneri, version française Etienne Breban, édité par Blandine Hénault)