A Toulouse, l'union entre LFI et PS pour tenter de détrôner Moudenc information fournie par AFP 16/03/2026 à 20:23
L'Insoumis François Piquemal à la mairie, le socialiste François Briançon à la métropole: à Toulouse, les principaux candidats de gauche ont rapidement scellé lundi une liste d'union en se répartissant les rôles, pour tenter de détrôner du Capitole le maire sortant DVD Jean-Luc Moudenc.
Sur les terres de Jaurès, où l'on vote à gauche aux élections nationales, régionales et départementales, mais où la mairie penche le plus souvent à droite, la liste LFI, qui a créé la surprise en arrivant en deuxième position dimanche (27,5%), fusionne donc avec celle d'union PS-Ecologistes-Place publique (25%).
Objectif: l'emporter sur Jean-Luc Moudenc (ex-LR) qui, en briguant à 65 ans son troisième et dernier mandat, arrive largement en tête du premier tour, avec 37% des suffrages.
Après une nuit blanche de négociations, MM. Piquemal, 41 ans, et Briançon, 60 ans, ont annoncé à la presse la constitution d'une liste commune, dans laquelle le premier deviendrait, en cas de victoire, maire de Toulouse, pendant que le second dirigerait la métropole toulousaine.
Alors que le Parti socialiste a refusé tout accord national avec LFI, M. Briançon assume son choix de fusion. "Je me suis entretenu avec Olivier Faure (le patron du PS, NDLR) j’ai pris mes responsabilités", a affirmé la tête d'une liste PS, Ecologistes, Place Publique, Génération.s et PC.
"Quand on est de gauche, on rassemble la gauche (...) Les Toulousaines et les Toulousains demandent l'union de la gauche", a martelé celui qui dirige le PS de Haute-Garonne.
- Retraits du PRG et Place publique -
Mais le Parti radical de gauche (PRG) a déjà fait part de son retrait de la liste d'union, refusant de "s'engager derrière une tête de liste issue de La France insoumise".
Place publique, en cohérence avec sa ligne nationale a annoncé, dans un communiqué, la suspension "en vue d'une future exclusion du parti" d'un candidat qui a décidé de suivre la fusion des listes toulousaines, alors que deux autres candidats du parti de Raphaël Glucksmann, présents aux côtés de M. Briançon, ont décidé de se retirer.
L'influente présidente PS de la région Occitanie avait aussi opposé son veto à toute alliance avec LFI. Dans un entretien au quotidien La Dépêche du Midi, elle salue lundi soir "les décisions courageuses de ne pas y participer", jugeant que M. Briançon est entré "dans une configuration dont on ne connait pas les engagements précis ni le programme".
Le candidat PS a dit avoir obtenu des Insoumis des "clarifications". "On a eu un long débat sur la façon dont le débat politique doit être mené, pour faire de la politique de façon apaisée", a-t-il promis, après avoir critiqué la méthode Mélenchon.
- "A la remorque" de LFI -
Fustigeant dans un communiqué "une nuit de marchandage et de tambouille politicienne", M. Moudenc a dénoncé le choix du candidat socialiste de "vendre son âme au diable", en se "mettant à la remorque d'un parti extrémiste et dangereux".
Avertissant que les socialistes seraient minoritaires au conseil municipal, le maire sortant a réitéré son appel à se rassembler sur son nom pour faire "barrage à l'extrême gauche mélenchoniste".
Quant au candidat du Rassemblement national Julien Leonardelli, à la 4e place avec 5,5% des votes, il n'a pas explicitement appelé à voter pour M. Moudenc mais a averti de la "dangerosité du contexte" pour Toulouse, estimant auprès de l'AFP que "beaucoup ne se rendent pas compte de ce qu'est réellement LFI".
Le Medef de Haute-Garonne a également estimé que l'alliance LFI-PS était "une très mauvaise surprise", rappelant que "l’avenir de Toulouse ne peut se construire sans ses entreprises et encore moins contre elles" alors que LFI prône notamment une "augmentation de la fiscalité pour les entreprises".
M. Moudenc a aussi pointé les désaccords entre "les deux François", notamment sur la construction de la LGV Bordeaux-Toulouse.
"Sur la LGV, on n'est pas d'accord", a admis M. Piquemal, "mais le débat va se passer dans l'enceinte de la métropole", où siègerait en cas de victoire M. Briançon, partisan de la liaison à grande vitesse.
Pour l'Ecologiste Régis Godec, des concessions ont été consenties des deux côtés et l'accord conclu représente une "amélioration de nos programmes". "Certains prennent leurs responsabilités et font le nécessaire pour aller vers la victoire", a-t-il dit en référence à M. Briançon.
François Piquemal avait été élu conseiller municipal en 2020 à Toulouse quand une liste d'union de la gauche avait été battue par Jean-Luc Moudenc. Il avait renoncé à siéger au conseil municipal une fois élu député de Haute-Garonne en 2022. Ironie de l'histoire, son retrait avait permis à François Briançon d'entrer au conseil municipal.