A Rabat, la France et le Maroc affichent leur "confiance retrouvée" information fournie par AFP 16/07/2026 à 16:14
"Confiance retrouvée": la France et le Maroc ont affiché jeudi, à l'occasion d'une visite du Premier ministre Sébastien Lecornu à Rabat, le réchauffement engagé par Emmanuel Macron et le roi Mohammed VI, dont une visite à Paris est à l'étude.
M. Lecornu a salué dans une déclaration finale un bilan "exceptionnellement positif" des relations franco-marocaines, au beau fixe depuis que le chef de l'Etat français a reconnu, à l'été 2024, la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental, suscitant la colère d'Alger.
Emmanuel Macron avait ensuite été reçu en grande pompe à Rabat en octobre de la même année, mettant un terme à trois années de tensions, nourries en partie par des soupçons d'espionnage et une crise des visas.
Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un "partenariat renforcé d'exception".
Bémol à la lune de miel, un consortium de médias internationaux a publié jeudi de nouvelles enquêtes sur l'ampleur présumée de l'espionnage mené par le Maroc à l'aide du logiciel Pegasus, et l'étude par la France de son acquisition.
Rabat a toujours catégoriquement démenti des "allégations mensongères et infondées".
M. Lecornu et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, devaient initialement tenir un point presse à l'issue de leur rencontre, mais celui-ci a finalement été ramené à de simples déclarations aux journalistes, sans possibilité de questions.
Traité "hors normes"
Interrogés sur ces nouvelles révélations, l'entourage du chef du gouvernement et le Quai d'Orsay n'ont fait aucun commentaire.
"Notre objectif, c'est de renforcer le cadre de coopération et de confiance avec les Marocains", a réagi jeudi l'entourage du président français.
Dans un message à M. Macron à l'occasion du 14-Juillet, le roi du Maroc a salué la "consolidation" des "relations privilégiées" entre les deux pays.
Un partenariat qui pourrait déboucher sur une visite du monarque en France, et la signature d'un traité "hors normes", le premier conclu par la France avec un pays en dehors de l'Union européenne, selon Sébastien Lecornu, même si aucune date pour la visite du roi n'a encore été fixée.
Le Premier ministre français, qui s'est réuni avec son homologue marocain, est venu accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
A l'issue de la 15e "rencontre de haut niveau" entre les deux délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019, Sébastien Lecornu a salué un "moment charnière" et souhaité "changer d'échelle" dans la relation bilatérale, sur les questions notamment de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
Sur les visas octroyés aux Marocains, source de tensions en 2021 et 2022 quand Paris les avait réduits de moitié, il a promis que Paris cherchait désormais "à faciliter les mobilités circulaires" de part et d'autre de la Méditerranée, notamment pour les entrepreneurs et les étudiants.
"Confiance retrouvée"
Il a également salué "l'excellente coopération entre (les) services" français et marocains qui a permis "d'aboutir, ces dernières semaines, à des succès opérationnels sans précédent" dans la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic.
Et il a souligné "l'importance centrale du continent africain", où les deux pays font face à la menace jihadiste au Sahel, et "l'intérêt que nous avons de nous y déployer ensemble, plus encore".
Aziz Akhannouch s'est félicité d'un partenariat qui "s'inscrit désormais dans une vision stratégique partagée, fondée sur une convergence politique assumée, une confiance retrouvée et une ambition commune".
Le Maroc est devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, Paris ne cherchant plus à préserver à tout prix un équilibre avec Alger.
Sur l'épineux dossier sécuritaire au Sahel, Paris semble vouloir s'appuyer désormais davantage sur son partenaire marocain alors qu'Alger reste avare de renseignements, malgré la reprise de la coopération franco-algérienne.
Une douzaine d'accords ont été signés à l'issue de ces rencontres.
Un "appel à manifestation d'intérêt" en matière d'interconnexion électrique entre les deux pays a été lancé. Et Rabat a signé des "conventions de prêts" avec l'Agence française de développement dans l'eau et pour un projet d'une ligne RER (Réseau express régional) à Rabat.