A Paris, Zelensky rencontre Biden et appelle la France et l'UE à "faire plus" pour l'Ukraine
information fournie par Reuters 08/06/2024 à 04:53

Joe Biden tient une réunion bilatérale avec Volodimir Zelensky, à Paris

Au deuxième jour de sa visite en France, le président ukrainien Volodimir Zelensky a exhorté vendredi les autorités françaises et l'Union européenne dans son ensemble à "faire plus" pour son pays, comparant la lutte contre l'occupant russe au combat des alliés face à l'Allemagne nazie.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir, contre toute attente, la cession de Mirage 2000-5 à l'Ukraine, à laquelle plusieurs pays européens, comme la Belgique, ont déjà promis des F-16 américains.

Vendredi, c'est le président américain Joe Biden, que Volodimir Zelensky a rencontré à Paris au lendemain des cérémonies du "D-Day" en Normandie, qui a annoncé une nouvelle tranche d'aide de 225 millions de dollars dans le cadre du "paquet" de 61 milliards de dollars voté après des mois de débats par le Congrès américain en avril.

Il s'agissait du premier face-à-face entre les deux hommes depuis la venue du président ukrainien à Washington en décembre dernier.

Volodimir Zelensky effectue en France sa quatrième visite officielle depuis l'invasion russe de février 2022.

Après une cérémonie d'honneur militaire aux Invalides vendredi matin, au côté du ministre des Armées Sébastien Lecornu, le dirigeant ukrainien s'est adressé aux députés français lors d'un discours à l'Assemblée nationale, très applaudi.

"Cette bataille pour l'Ukraine a désormais pour l'Europe la même signification existentielle que les batailles gagnées par des générations précédentes d'Européens", a-t-il souligné.

"Sans la victoire sur le nazisme, tout notre continent entier serait resté une tache noire dans l'Histoire."

Un parallèle déjà dressé hier par les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en Normandie, en l'absence de la Russie.

Vladimir Poutine, a poursuivi Volodimir Zelensky, est "l'anti-Europe".

"Poutine peut-il gagner cette bataille? Non, parce que nous n'avons pas le droit de perdre", a-t-il déclaré, soulignant de nouveau la nécessité d'une aide militaire accrue à Kyiv.

"Pour la paix, il faut plus. Ce n'est pas un reproche. Il faut faire plus aujourd'hui pour être demain plus proche de la paix que jamais" sur le continent européen, a-t-il martelé.

"Je vous remercie d'être à nos côtés pour défendre la vie", a dit Volodimir Zelensky en français.

JOE BIDEN S'EXCUSE

Le ministre français des Armées, qui s'est rendu avec le président ukrainien au quartier général des forces armées françaises après son allocution au Palais-Bourbon, s'est entretenu avec lui des modalités de cession des Mirage 2000-5, dont le nombre n'est pas précisé.

Ces avions de chasse seront "complètement opérationnels" et leur cession "n'abîmera" pas le "standard de Défense" de l'armée française, qui utilise notamment ces avions de chasse pour des missions de l'Otan, a assuré Sébastien Lecornu à des journalistes.

A la mi-journée, Volodimir Zelensky s'est entretenu avec Joe Biden, qui devait regagner la Normandie, précisément La Pointe du Hoc (Calvados), que 255 "Rangers" américains avaient prise d'assaut le 6 juin 1944. Une bataille féroce du "D-Day" à laquelle seuls 90 soldats américains ont survécu.

"Nous n'allons pas vous abandonner", a réaffirmé le président américain, qui a formulé des excuses publiques à Volodimir Zelensky pour le retard pris dans l'acheminement de l'aide militaire des Etats-Unis.

"Nous sommes toujours là, complètement, totalement", a dit Joe Biden au début de l'entretien.

"C'est très important que vous restiez à nos côtés", a répondu Volodimir Zelensky.

Ce dernier devait s'entretenir en fin d'après-midi à l'Elysée avec le président français, pour évoquer notamment les besoins de l'Ukraine en termes d'armements, et tenir une conférence de presse à ses côtés.

"La paix ne se fera que si l'Ukraine peut résister", a plaidé jeudi Emmanuel Macron, accusé par une partie de l'opposition, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) en tête, de mener la France sur le chemin de la guerre et d'instrumentaliser le conflit ukrainien dans la perspective des élections européennes du 9 juin, qui s'annoncent périlleuses pour la majorité présidentielle.

Le Kremlin a fustigé vendredi les déclarations d'Emmanuel Macron, jugées "provocatrices" et susceptibles d'attiser les tensions en Europe.

(Rédigé par Diana Mandiá et Sophie Louet, édité par Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse)