A Paris, un second tour sous le sceau des tractations, autour de Dati en particulier
information fournie par AFP 16/03/2026 à 11:42

Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )

Avec cinq candidats qualifiés, le suspense reste entier à Paris: Sophia Chikirou (LFI), Sarah Knafo (Reconquête!) et surtout Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) sont au centre des tractations, avant un second tour qui pourrait sourire à Emmanuel Grégoire.

Il a fallu attendre le petit matin pour connaître l'ensemble des résultats et la qualification in extrémis de l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, même si son score de 10,40% est bien en deçà de ce que lui prédisaient les sondages.

Une qualification qui rebat les cartes à droite, alors que la candidate LR soutenue par le MoDem et l'UDI, Rachida Dati, a réalisé elle aussi un score bien moins élevé qu'espéré (25,46%), plus de douze points derrière Grégoire (37,98%), à la tête d'une alliance PS-Les Ecologistes-PCF.

Mais c'est sur Pierre-Yves Bournazel, pressé par son camp de s'allier à Mme Dati, que se tournent les regards. Il termine à 11,34% des voix et fait figure lui aussi d'arbitre pour le second tour.

Peu après 01H00 du matin, la maire du VIIe arrondissement, réélue haut la main lundi soir à cette fonction, lui a proposé sur X une fusion des listes.

Rachida Dati (LR) s'exprime après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

"Nous allons travailler avec @pybournazel à un projet d'alternance. C'est la vie des Parisiennes et des Parisiens pendant les six prochaines années qui est en jeu", a-t-elle posté sur X dans la matinée.

Ce à quoi le camp Bournazel a répondu à l'AFP que "rien n'était acté à date", Mme Dati devant "encore s'engager sur le refus des extrêmes", à savoir toute alliance avec Sarah Knafo.

Le candidat soutenu par le camp macroniste doit s'exprimer "dans la journée".

Sur X, il a rappelé qu'il "souhaitait l'alternance à Paris", tout en posant trois préalables à toute discussion, le premier étant "de rejeter avec la plus grande clarté toute alliance ou toute porosité avec l’extrême droite et la liste de Mme Knafo".

"Aucun rapprochement, direct ou indirect, aucun vote commun au Conseil de Paris", a-t-il écrit, appelant aussi à "respecter le projet pour lequel près de 100.000 Parisiens ont voté hier", dont la réforme du périscolaire également proposée par Mme Dati.

- "Aucune discussion" à gauche -

Part des voix obtenues au 1er tour des élections municipales 2026 à Paris (scrutin municipal) des listes qualifiées ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

Interrogé, un proche d'Emmanuel Macron a estimé que "le président a toujours été pour l’unité dans son camp". Selon un cadre macroniste, Emmanuel Macron est favorable à la fusion Dati-Bournazel, et a appelé hier soir Rachida Dati et Edouard Philippe.

Sarah Knafo a elle proposé lundi à Rachida Dati d'accepter sa "main tendue" pour faire une alliance de raison en vue du second tour, sans accord d'appareil.

Après avoir martelé qu'elle ne ferait "pas perdre la droite", Mme Knafo déclarait début mars qu'elle n'était "absolument pas là pour [se] désister" et que la personne qui refuserait son alliance ferait "perdre la droite".

Régulièrement interrogée sur une possible alliance avec Sarah Knafo, Mme Dati répond invariablement qu'elle aurait davantage à perdre qu'à y gagner, avec une possible fuite des électeurs du centre-droit.

(g-d) Montage photos du 15 mars 2026 montrant les candidats à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati, Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sraah Knafo ( AFP / JOEL SAGET )

Les éventuelles fusions de listes devront être opérées avant mardi à 18H00.

La surprise de ce premier tour vient aussi de l'Insoumise Sophia Chikirou, en troisième position avec 11,72% des voix, malgré une campagne qui a eu du mal à prendre dans les médias.

La députée de Paris a annoncé, sans surprise, qu'elle se maintiendrait au second tour si M. Grégoire refusait une fusion, selon la stratégie nationale de la formation de Jean-Luc Mélenchon.

"J'attends le coup de fil de @egregoire pour barrer la route à @datirachida à Paris. On n'efface pas un résultat de 1er tour: le respect des électeurs est un principe de base", a-t-elle posté lundi sur X.

Or, le député PS a toujours écarté toute alliance avec LFI.

Interrogé lundi par l'AFP, un élu du camp Grégoire a confirmé qu'"aucune discussion n'était sur la table ni aucune fusion", même sans accord d'appareil. "Mme Chikirou a passé son temps à nous fracasser et à épargner la droite et l'extrême droite avant le premier tour. Un peu étrange de découvrir le danger de l'extrême droite après coup pour exiger des places", a-t-on précisé de même source.

La campagne électorale parisienne a été émaillée de multiples accusations, cristallisées en partie sur les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire.

L'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy sera par ailleurs jugée du 16 au 28 septembre pour corruption et trafic d'influence. Des faits que Rachida Dati conteste mais qui l'exposent à des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité.