A Paris, nouvelles accusations de violences dans une école où une institutrice avait été condamnée
information fournie par AFP 22/05/2026 à 12:24

Des investigations sont en cours à Paris après des accusations de violences sur deux élèves, dans une école où une institutrice avait déjà été condamnée ( AFP / Thibaud MORITZ )

Alors que le scandale autour de violences présumées dans le milieu scolaire ou périscolaire bouleverse la capitale depuis des mois, des investigations sont en cours à Paris après des accusations de violences sur deux élèves, dans une école où une institutrice avait déjà été condamnée.

Les investigations ont été lancées après une plainte déposée début mai par une mère de famille, qui dénonce des violences sur deux de ses fils, à caractère sexuel pour l'un d'entre eux, a appris vendredi l'AFP de source proche du dossier.

Sollicitée par l'AFP, l'avocate de cette famille, Vanessa Edberg, a pointé "un contexte particulièrement préoccupant autour de cette école".

En février 2025, une enseignante de cette école des Frères Voisin, 52 ans, avait été condamnée à 3.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, pour avoir porté un coup à une enfant de trois ans. Cette enseignante, depuis suspendue par l'Education nationale, n'est pas visée par la nouvelle plainte.

Dans la nouvelle affaire, la mère de famille a expliqué aux policiers qu'en décembre 2023, son aîné, alors âgé de 6 ans, était rentré de l'école en se plaignant "de douleurs à l'anus" et présentait "des saignements assez importants" à ce niveau, selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance.

Elle l'avait à l'époque emmené consulter un médecin mais n'avait pas porté plainte. Les policiers l'ont envoyé faire des examens médico-légaux mi-mai.

- "Toute la lumière" -

Cette mère de famille a également affirmé aux policiers que son cadet, 7 ans aujourd'hui, avait été victime de violences en grande section et en CP. Né prématuré, l'enfant présente des troubles émotionnels et sa mère reproche à l'école de ne pas "considérer son état".

Elle accuse notamment son maître en maternelle de l'avoir insulté et frappé, et dénonce des violences qui auraient perduré avec une autre maîtresse, celle que son grand frère avait en classe lorsqu'il était rentré chez lui avec des saignements.

De son côté, l'école avait signalé à l'académie un comportement violent du cadet envers ses professeurs.

L'enquête en est à ses débuts: les mis en cause, qui bénéficient de la présomption d'innocence, n'ont pas encore été entendus sur leur version des faits.

"La gravité des nouveaux faits dénoncés impose qu’une enquête particulièrement approfondie soit menée afin que toute la lumière soit faite sur ce qui se passe dans cette école depuis des années", a insisté Me Edberg auprès de l'AFP.

Le rectorat de Paris n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP, tandis que la direction de l'établissement a refusé de s'exprimer, faisant valoir son devoir de réserve.

Selon une autre source proche du dossier, le maître, objet d'accusations, n'exerce plus aux Frères voisin: l'équipe a été renouvelée dans sa grande majorité depuis la première affaire, dont le "traitement médiatique" a "fortement affecté" les enseignants.

Dans cette première affaire, le tribunal avait condamné l'institutrice à 3.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, alors que le parquet avait requis quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal avait notamment pris en compte que le coup porté était "un fait isolé" dans la carrière de la maîtresse.

Les nouvelles accusations au sein des Frères voisin surviennent en plein scandale autour de violences présumées dans le milieu scolaire ou périscolaire dans la capitale.

Un coup de filet a eu lieu cette semaine, visant l'équipe du périscolaire servant les écoles Saint-Dominique, Rapp, La Rochefoucauld, et trois animateurs sont présentés ce vendredi à la justice en vue de leur éventuelle mise en examen.

Agés de 30 à 51 ans, ces deux hommes et une femme sont soupçonnés d'avoir eu des "gestes à caractère sexuel", selon les termes du parquet, sur une vingtaine d'enfants.

Mercredi, le nouveau maire PS Emmanuel Grégoire avait salué une "accélération des enquêtes". Il a de son côté engagé début avril un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.