A Paris, Grégoire dévoile son plan pour une ville "mieux tenue" et le "droit au beau"
information fournie par AFP 11/05/2026 à 19:00

Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, le 1er avril 2026 à Paris ( AFP / Anna KURTH )

Agir sur un millier de "points noirs", un "droit au beau" dans tous les quartiers, des travaux "mieux coordonnés"... Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a dévoilé lundi son projet pour l'espace public, vu par l'opposition comme un simple "recyclage" d'anciennes mesures.

"Les Parisiens veulent une ville mieux tenue, plus propre, plus sûre et agréable à vivre au quotidien", a estimé lors d'une conférence de presse le successeur et ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo, qui dit "partager" parfois leur "mécontentement".

La ville s'engage à agir en priorité sur un millier de "points noirs" où l'espace public se dégrade: des lieux de dépôts sauvages, des zones de gares, des lieux "d'ultrafréquentation touristique" comme le Champ-de-Mars, les quartiers de Château-Rouge et Barbès, a-t-il détaillé dans un entretien au Figaro.

"Nous disposons d'une cartographie de ces points noirs qui nous donne une approche de granularité à la rue. C'est de l'ultra-local", a expliqué Emmanuel Grégoire, qui souhaite une "coopération renforcée" avec les maires d'arrondissements.

L'édile socialiste souhaite poursuivre les transformations engagées par Anne Hidalgo, notamment en matière d'adaptation au changement climatique, mais avec une "exigence renforcée sur la qualité de l'exécution et l'entretien".

"Les travaux devront être mieux coordonnés pour en limiter les nuisances", assure-t-il, avec des "cheminements clairs et sûrs pendant toute la durée des chantiers" et une "meilleure information" des riverains et commerçants.

Il promet aussi de lutter contre les "incivilités du quotidien", les ventes à la sauvette ou encore les terrasses non conformes.

- Piétons "prioritaires" -

Le maire, qui souhaite "protéger patrimonialement" Paris, annonce aussi un "plan pour un +droit au beau+ dans tous les quartiers". Avec "une attention accrue aux façades, aux sols, au mobilier historique, aux ponts, notamment le Pont des Arts", mais aussi au "patrimoine ordinaire" qui fait "l'identité de Paris".

Une "déléguée générale au design et à l'esthétique", chargée de décliner ce plan, présentera un nouvel opus du "manifeste de la beauté" de Paris.

Emmanuel Grégoire veut faire de la sécurité du piéton sa "première priorité", avant les cyclistes, "avec l'objectif zéro mort, zéro blessé". Il sera mis "fin aux pistes cyclables sur les trottoirs", dit-il.

Une brigade spécialisée de la police municipale contre les violences motorisées verra aussi le jour car "ce qui tue à Paris, ce sont les véhicules motorisés", a-t-il souligné.

Assurant que son "mantra n'est pas d'être contre la voiture", il veut porter à 25% la part de places de stationnement spécialisées en surface pour les personnes à mobilité réduite, les livraisons, les artisans...

Et diminuer "massivement" le trafic des cars de tourisme, pour "tendre vers leur interdiction totale dans Paris intra-muros".

Le maire s'engage aussi à créer 87 "coeurs piétons", ainsi qu'une promenade continue de 25 km sur les berges de Seine.

Outre le déploiement de 15 lignes de bus express, il souhaite une "révision complète des parcours de bus" dont la vitesse moyenne a chuté, se disant disponible pour travailler "main dans la main" avec la présidente de Région Valérie Pécresse (LR).

Les grandes lignes du plan seront présentées au premier Conseil de Paris ordinaire la semaine prochaine.

- "Rien de nouveau" -

Sans avancer de budget, il a dit vouloir veiller à la "sobriété", en restant dans l'étiage des enveloppes consacrées aux politiques de l'espace public de la ville, de l'ordre de 3,3 à 3,5 milliards d'euros.

"Sans ligne budgétaire il ne se passera rien", a réagi auprès de l'AFP l'élu "Verts populaires" Emile Meunier, du groupe de l'Insoumise Sophia Chikirou.

Pour cet ancien élu de la majorité, "cette communication ressemble surtout à un catalogue de bonnes intentions qui recycle des orientations déjà votées, présentées ou engagées sous la précédente mandature".

"Il n'y a pas grand chose de nouveau", tacle aussi Grégory Canal, coprésident avec Rachida Dati du premier groupe d'opposition, qui voit dans la nomination d'une déléguée à l'esthétique "un aveu que Paris s'est enlaidie sous la précédente mandature".

"Ce qui est inquiétant, c'est que Grégoire veut nous faire croire que ce plan se fera à budget constant", a ajouté l'élu de droite.