A Paris, Emmanuel Grégoire prend le relais d'Anne Hidalgo à l'Hôtel de ville information fournie par AFP 29/03/2026 à 15:13
Le socialiste Emmanuel Grégoire a été intronisé dimanche maire de Paris et pris le relais d'Anne Hidalgo, son ancienne mentor, qui a quitté avec émotion l'Hôtel de ville après douze ans de mandat.
Après sa large victoire au second tour des élections municipales le 22 mars (50,52%), le nouvel édile, 48 ans, a fait le plein des 103 voix de l'union de la gauche sans LFI au Conseil de Paris, qui compte 163 élus.
Rachida Dati, candidate malheureuse de la droite et du centre arrivée neuf points derrière son adversaire au second tour, n'était pas présente à ce conseil d'installation, invoquant des "raisons familiales".
"Elle avait besoin de repos et nous tous aussi après cette campagne éreintante. Mon bureau lui sera toujours ouvert quand elle reviendra", a déclaré Emmanuel Grégoire à la presse.
Sitôt élu, revêtant sa nouvelle écharpe, l'ex-premier adjoint est allé raccompagner Anne Hidalgo vers la sortie de l'Hôtel de ville, au côté notamment du préfet de Paris et de la région Île-de-France Marc Guillaume.
Celle qui fut la première femme à diriger la capitale a été longuement applaudie avec une haie d'honneur et quitté le palais municipal après deux mandats, les larmes aux yeux.
"Un moment émouvant", a confié l'ancien dauphin de la maire, qui était tombé en disgrâce. Anne Hidalgo, qui lui avait mis des bâtons dans les roues en déclenchant une primaire socialiste fratricide avec Rémi Féraud, n'a pas fait campagne aux côtés du candidat. Mais au soir de sa victoire, elle lui a donné une longue accolade sur le parvis de l'Hôtel de ville.
"Ton courage est un exemple", a salué Emmanuel Grégoire dans son discours d'intronisation.
"Les clés de la ville sont en de bonnes mains", a assuré sur Bluesky la socialiste de 66 ans, qui va s'investir désormais dans le combat pour la transition écologique.
- Un exécutif de 36 adjoints -
Emmanuel Grégoire a choisi Lamia El Aaraje, 39 ans, comme première adjointe. Cette ancienne adjointe à l'urbanisme et figure du socialisme parisien, hostile à La France Insoumise, a été désignée à l'issue de tractations serrées notamment face à Lucie Castets, maire élue du XIIe arrondissement qui était, elle, favorable à l'union avec LFI.
Le nouvel exécutif municipal comprend 36 adjoints, comme dans la précédente mandature, avec une présence considérablement renforcée des écologistes.
"Où est la rupture avec l'équipe précédente ?", a cinglé la nouvelle conseillère Insoumise Sophia Chikirou, arrivée troisième au deuxième tour avec près de 8% des suffrages.
"Trente-six adjoints c'est pas tant que ça quand vous mesurez la taille de la ville de Paris", a rétorqué Emmanuel Grégoire, soulignant qu'il attendait des élus "de la disponibilité" pour être le maire "d'hyperproximité" qu'il s'est engagé à être.
Le socialiste a promis qu'il ferait du périscolaire son "premier combat pour protéger nos enfants", alors que le secteur est secoué par des affaires de violences sexuelles.
Il convoquera à la mi-avril un Conseil de Paris extraordinaire où seront aussi votées des mesures en faveur de l'hébergement d'urgence, son plan "zéro enfant à la rue" ainsi que sur l'avenir du parc des Princes.
La nouvelle majorité d'Emmanuel Grégoire, qui comprend des élus socialistes, écologistes, communistes, de Place Publique et de L'Après (ex-Insoumis), compte 103 conseillers, dix de plus que sous la précédente mandature.
L'édile a assuré qu'il aurait "à souhait de travailler" avec Rachida Dati et l'Insoumise Sophia Chikirou.
L'opposition de droite se retrouve amoindrie après la lourde défaite de Rachida Dati, avec seulement 51 élus contre 65.
La maire du VIIe arrondissement - réélue dès le premier tour - va prendre les rênes d'un nouveau groupe de 32 élus baptisé "Paris, Liberté!" au côté de Grégory Canal, chef de cabinet du garde des Sceaux Gérald Darmanin.
Grégory Canal a appelé à une "une opposition tonique, responsable mais jamais domestiquée". "Vous êtes, hélas, l'héritier d'Anne Hidalgo", a-t-il cinglé en demandant la création d'une "mission transpartisane" sur le périscolaire.
L'opposition de droite entre en ordre dispersé dans le nouvel hémicycle, comme sous la précédente mandature.
Les élus de la liste Pierre-Yves Bournazel, fusionnée avec celle de Rachida Dati au second tour, ont constitué leur propre groupe de 11 conseillers.
Le MoDem mené par Maud Gatel, soutien de Rachida Dati, a gardé son propre groupe, avec huit élus.
A gauche, neuf élus LFI ont fait une entrée remarquée dans l'hémicycle, menés par Sophia Chikirou, qui en l'absence de Rachida Dati a voulu s'imposer comme principale opposante.