A Munich, Rubio appelle les Européens à rejoindre le combat de Trump information fournie par AFP 14/02/2026 à 13:21
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé les Européens samedi, devant la Conférence de Munich sur la sécurité, à se ranger derrière la vision de Donald Trump sur l'ordre mondial, tout en prônant la revitalisation du lien avec une Europe "forte".
Les États-Unis, sous Donald Trump, sont prêts à mener la "restauration" de l'ordre mondial, a-t-il dit au deuxième jour de cette conférence.
L'intervention très attendue du responsable américain a toutefois offert un contraste saisissant avec le discours incendiaire du vice-président JD Vance l'année dernière devant la même assemblée.
Marco Rubio a assuré que les États-Unis souhaitaient "des alliés (...) qui comprennent que nous sommes les héritiers d'une même grande et noble civilisation et qui, avec nous, sont prêts et capables de la défendre". "Nous ne cherchons pas à diviser, mais à revitaliser une vieille amitié", a-t-il affirmé.
Si les États-Unis sont "prêts, si nécessaire, à agir seuls, nous préférons et espérons agir avec vous, nos amis ici en Europe", a-t-il précisé.
Mais M. Rubio a repris des thèmes chers au président américain comme "l'effacement civilisationnel" lié selon lui à l'immigration de masse ou la désindustrialisation qui menacent l'Europe comme les États-Unis.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump s'en est pris au modèle des démocraties libérales européennes, en courtisant les partis d'extrême droite européens.
- "Europe indépendante" -
Par ailleurs, le responsable américain a réitéré la position de l'administration Trump selon laquelle l'ONU n'a joué "pratiquement aucun rôle" dans la résolution des conflits et a appelé à une réforme des institutions mondiales.
Concernant le conflit russo-ukrainien, M. Rubio a dit ne pas savoir "si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre".
Donald Trump avait appelé le président Volodymyr Zelensky vendredi à "se bouger" pour parvenir à un accord avec la Russie, avant un nouveau cycle de négociations la semaine prochaine à Genève.
Samedi également à la tribune de Munich, M. Zelensky a espéré que ces discussions "seront sérieuses et substantielles".
Mais selon lui, "les Américains reviennent souvent sur la question des concessions, et trop souvent ces concessions sont abordées uniquement dans le contexte de l'Ukraine, pas de la Russie".
Le président ukrainien a également affirmé samedi que le dirigeant russe Vladimir Poutine "ne peut se résoudre à abandonner l'idée même de la guerre. Il se prend peut-être pour un tsar, mais en réalité, il est esclave de la guerre".
De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en se référant à l'invasion russe en Ukraine, a de nouveau plaidé pour une Europe "indépendante" et "forte".
Selon elle, "l'Europe doit passer à la vitesse supérieure" et "assumer ses responsabilités". Pour ce faire, elle doit "s'affranchir de tous les tabous", a-t-elle estimé, évoquant notamment l'utilisation de "la clause de défense mutuelle", un engagement collectif des pays membres de l'UE à se défendre en cas d'agression.
Elle a également assuré que l'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni étaient "plus que jamais liés", une dizaine d'années après le Brexit.
Lui emboîtant le pas, le Premier ministre britannique Keir Starmer a prôné une participation renforcée de la Grande-Bretagne à la politique de défense européenne.
"Nous devons être capables de dissuader l'agression et, oui, si nécessaire, nous devons être prêts à nous battre", a-t-il dit, avant d'ajouter: "Multiplions nos forces et bâtissons une base industrielle commune à travers l'Europe, capable de doper notre production de défense".
M. Zelensky a également appelé à une "politique de défense commune" européenne.
Samedi également, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a mis en garde contre toute tentative américaine de "comploter" en vue de séparer Taïwan de la Chine.
Cela conduirait "très probablement" à une "confrontation", a-t-il dit, Pékin considérant Taïwan comme une partie inaliénable du territoire chinois.
- "Aidez" le peuple iranien -
Intervenant aussi à la tribune de la MSC samedi, le fils exilé du chah déchu, Reza Pahlavi, a estimé qu'il était "temps d'en finir avec la République islamique", en appelant M. Trump à "aider" le peuple iranien.
Des dizaines de milliers de personnes devaient manifester contre le gouvernement iranien à Munich samedi.
Par ailleurs, les menaces du président américain de s'emparer du Groenland, cet immense territoire autonome danois, avaient ébranlé l'Alliance atlantique.
Samedi, M. Starmer a annoncé que le Royaume-Uni déploierait "cette année" son groupe aéronaval dans l'Atlantique Nord. La France a également annoncé récemment le déploiement d'un groupe similaire.
Après Munich, Marco Rubio se rendra en Slovaquie dimanche, dirigée par un allié de droite de Donald Trump. Puis il se rendra en Hongrie lundi, pour y conforter le soutien américain au Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban.
La France, qui assure la présidence tournante du G7, doit également réunir samedi les ministres des Affaires étrangères pour évoquer les grands dossiers internationaux.