A Mayotte, Edouard Philippe promet de mettre fin à l'"appel d'air" de l'immigration information fournie par AFP 21/08/2026 à 14:39
Demandes d'asile, droit du sol et regroupement familial suspendus, création d'un centre de retour en Afrique de l'Est: à Mayotte, Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, a promis vendredi de mettre fin à l'"appel d'air" de l'immigration.
"Si nous voulons véritablement consacrer des moyens efficaces à cette reconstruction, nous devons, et c'est un préalable, fermer les vannes de l'immigration à Mayotte", a déclaré celui qui a choisi Mayotte pour faire sa rentrée politique.
Le candidat centre-droit à l’élection présidentielle a ainsi souhaité faire de l'immigration clandestine un temps fort de son programme dans le 101e département en se rendant au centre de rétention administrative (CRA) à Pamandzi dès la première matinée de sa visite de deux jours.
La question migratoire est au coeur des préoccupations du territoire, où près d’un habitant sur deux est de nationalité étrangère, selon l’Insee. Le chef d’Horizons estime que les différentes infrastructures publiques sont "saturées".
L’ex-Premier ministre y a rencontré plusieurs cadres de la police aux frontières, échangé avec des agents de l’unité nautique et s’est entretenu avec le Groupe d’Appui Opérationnel (GAO), une unité dédiée à la lutte contre l’immigration clandestine.
Dans la lignée de ses précédentes déclarations, M. Philippe entend suspendre les enregistrements des demandes d’asile et le droit du sol à Mayotte pendant plusieurs années. Il ajoute à ces mesures "l’interruption pendant la durée du quinquennat des demandes liées au regroupement familial", ainsi que celle de "l’ensemble des éléments qui justifient ou qui peuvent justifier pour des étrangers une demande d’entrée sur le territoire mahorais".
Une prise de position qui survient dans un contexte tendu face à l’immigration comorienne et l’arrivée croissante de demandeurs d’asile venant de la région des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda). Actuellement, plus d’un millier de demandeurs d’asile vivent dans un camp insalubre à Tsoundzou 2, attendant que leurs démarches aboutissent.
L’ex-Premier ministre a visité ce camp directement après sa visite au CRA et a pu y constater des conditions "déplorables". "On a besoin de prendre des mesures qui permettent de faire disparaître cet appel d’air", réaffirme-t-il à la sortie du camp.
Édouard Philippe, s’il est élu en 2027, entend résorber cette situation en créant le premier centre de retour prévu par la nouvelle réglementation européenne en Afrique de l’Est, sans pouvoir, pour l’heure, préciser sa localisation.
Le candidat doit poursuivre sa visite en rencontrant plusieurs élus locaux ce vendredi après-midi, avant de se consacrer aux enjeux de l’eau et de la reconstruction post-cyclone Chido, puis de se rendre à La Réunion.