À Marseille, Mélenchon se pose en barrage contre "la vague brune"
information fournie par AFP 07/03/2026 à 19:17

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Marseille, le 7 mars 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )

"Marseille ne sera pas emportée par la vague brune" et "ce sera grâce à nous", a assuré samedi Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting en soutien au candidat LFI, Sébastien Delogu, que le maire sortant Benoît Payan accuse de diviser la gauche au profit du RN.

"Si Marseille venait à tomber, ce serait un triomphe" pour le Rassemblement national, a prévenu le leader des Insoumis dans une salle comble et survoltée de la Friche Belle de mai, dans un quartier populaire de Marseille. "Notre tâche ici à Marseille est d'empêcher ce désastre, et nous allons le faire".

Face à la montée du RN dans la deuxième ville de France, où le candidat d'extrême droite Franck Allisio est au coude-à-coude avec le Printemps marseillais dans les sondages, Benoît Payan (gauche) a tancé le leader insoumis dans Libération vendredi, assurant que la ville est "trop fragile pour qu'un néofasciste la gouverne à cause des ambitions de Jean-Luc Mélenchon".

Sur scène à Marseille, au terme de semaines marquées par les polémiques et attaques avec le PS, et notamment des accusations d'antisémitisme à son égard, Jean-Luc Mélenchon en a remis une couche: "Nous vous crions alerte, alerte! La ligne du Parti socialiste met tout le monde en grand danger. La gauche, mais la France d'abord", qu'elle "livrerait pour finir à l'extrême droite".

Jean-Luc Mélenchon a longuement fustigé l'extrême-droite, en particulier Jordan Bardella, venu vendredi à Marseille, sur ses positions vis-à-vis de Donald Trump.

"Tel était Pétain, tel est Bardella quand il dit +l'intérêt commercial et stratégique s'impose pour les États-Unis d'Amérique+, et il ajoute, +nous devons en prendre acte+. Non, monsieur, nous n'en prenons pas acte".

M. Mélenchon a appelé M. Payan, si M. Delogu arrivait devant lui au premier tour, à ne pas se désister comme il l'a promis, lui demandant plutôt "une fusion technique avec nous".

Interrogé par la presse après le meeting, le député marseillais LFI Manuel Bompard a précisé que si Sébastien Delogu arrive derrière Benoît Payan, "c'est la même chose: il faut rassembler les listes au second tour, pas demander à l'une ou à l'autre de se retirer, parce qu'alors il y aura des déperditions de voix, et ces voix elles peuvent manquer pour battre la droite et l'extrême droite".

Le directeur de campagne de Benoit Payan a réagi auprès de l'AFP, estimant "dommage" que les "deux-trois minutes où M. Mélenchon a parlé de Marseille, il a préféré taper sur la gauche que sur la droite et l'extrême-droite".

Avant l'arrivée sur scène de Jean-Luc Mélenchon, Sébastien Delogu, visiblement ému, a assuré sa volonté de "faire changer les choses", assurant par exemple qu'il ferait construire 30.000 logements, s'attaquerait de front à la saleté, ou encore qu'il créerait un "observatoire municipal des discriminations".

Brandissant un drapeau palestinien à l'Assemblée. Il doit être jugé en juin pour diffusion de documents privés, volés - en marge d'un conflit social - à un entrepreneur, vraisemblablement par des salariés et a été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille.