A Malte, victoire du Parti travailliste, en route pour un quatrième mandat historique information fournie par AFP 31/05/2026 à 12:33
Le parti du Premier ministre maltais Robert Abela est arrivé en tête des élections législatives à Malte, selon des résultats préliminaires dimanche, offrant un historique quatrième mandat au gouvernement travailliste, qui avait convoqué ce scrutin anticipé en raison des incertitudes géopolitiques.
Des feux d'artifice ont été tirés sur l'île méditerranéenne et des partisans travaillistes en liesse, vêtus de rouge, la couleur du parti, scandaient "quatre fois !" après que les responsables du centre de dépouillement de Naxxar ont annoncé que les résultats préliminaires donnaient la victoire au parti au pouvoir.
"Je vote travailliste depuis que je suis toute petite, je suis ravie qu'ils aient marqué l’histoire", a déclaré à l'AFP Margaret Camilleri, 73 ans, tandis que des supporters du Parti travailliste (gauche) passaient en camion, des haut-parleurs diffusant à plein volume la chanson "We are the Champions".
Robert Abela, 48 ans, avait convoqué ces élections avec un an d'avance, affirmant que le gouvernement avait besoin d'un nouveau mandat pour protéger cette petite île fortement dépendante des importations face à la crise au Moyen-Orient.
Bien que l'économie maltaise ait progressé de 4,0% l'an dernier, certains craignent que le conflit n'ait un impact sur le tourisme en raison de la flambée des coûts du carburant aérien, et n'alimente l'inflation. Le Premier ministre travailliste a axé sa campagne sur le bilan économique de son parti depuis 2013, promettant la stabilité dans une période d'incertitude.
Son principal rival était le candidat du Parti nationaliste (conservateur), Alex Borg, un avocat de 30 ans et ex-lauréat du concours de beauté "Mr World Malta", qui a exhorté les Maltais à voter pour le changement.
Le vote s'est déroulé samedi dans l'ensemble de l'île, et les urnes ont été transportées pendant la nuit vers le centre de dépouillement de Naxxar, où le comptage des votes devrait s'achever dans l'après-midi de dimanche.
Robert Abela dirige Malte depuis 2020, lorsque son prédécesseur a démissionné à la suite d'une crise politique provoquée par l'assassinat en 2017 de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui avait mis au jour la corruption au plus haut niveau de l'État.
Selon un rapport du Conseil de l'Europe de 2025, Malte reste très en retard dans la lutte contre la corruption – un sujet qui n'a pourtant pas dominé la campagne.
- Explosion démographique -
Les performances économiques de Malte ont éclipsé les autres préoccupations. Située au large de la Sicile, l'île est le pays le plus petit et le plus densément peuplé de l'Union européenne, avec environ 550.000 habitants sur 316 kilomètres carrés (122 miles carrés).
Malte dispose d'une économie florissante, fondée en grande partie sur le tourisme, les jeux en ligne et les services financiers, et affiche l'un des taux de chômage les plus bas de l'UE.
Mais malgré un faible taux de natalité, la population a augmenté de près de 30% en une décennie, principalement en raison de l'arrivée d'étrangers. Cela a alimenté un boom de la construction, hérissant l'horizon de grues, créant des embouteillages et mettant sous pression les services essentiels.
Les associations de défense du patrimoine dénoncent la dégradation de l'environnement et les risques pour les sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco dans l'ancienne colonie britannique.
Le pays dispose de très peu de ressources naturelles et importe une grande partie de son énergie, ce qui le rend vulnérable aux chocs externes.
Le Parti travailliste subventionne lourdement les factures d'énergie et le Parti nationaliste avait déclaré qu'il en ferait autant s'il était élu.
Malte se trouve également en première ligne du changement climatique et est menacée de désertification et de sécheresse, ce dont aucun des deux grands partis n'avait toutefois fait une priorité.