A l'ouverture d'un nouveau procès, Patrick Balkany dénonce une "parodie de justice" information fournie par AFP 07/04/2026 à 13:44
Patrick Balkany a fustigé une "parodie de justice" mardi à l'ouverture de son nouveau procès pour détournements de fonds publics à Nanterre, où le tribunal a rejeté les demandes d'annulation soulevées par sa défense avant d'examiner le fond du dossier.
Vêtu d'un costume, d'une cravate et de chaussettes bleus, d'une chemise bleu clair et de chaussures noires bien cirées, l'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), âgé de 77 ans, a fait son retour au tribunal au côté de son avocat, Me Robin Binsard.
Dès l'ouverture de l'audience, la défense a d'abord réclamé un renvoi en solidarité avec une grève du barreau local, une requête immédiatement rejetée par la présidente.
Me Binsard a ensuite exigé l'annulation de la procédure, dénonçant un délai "déraisonnable" et une "mascarade judiciaire". L'avocat a pointé une enquête ouverte il y a dix ans, émaillée de sept années d'inactivité policière au total. Il a souligné que le principal protagoniste, l'ancien directeur du développement économique Renaud Guillot-Corail, était décédé en août 2020 sans avoir jamais été auditionné.
La procureure s'y est opposée, estimant que la défense tentait de "tordre le bras" à la justice et rappelant que la jurisprudence européenne ne justifiait pas une annulation sur ce seul motif. Le tribunal a finalement décidé de joindre l'incident au fond.
"Je trouve ça invraisemblable de me retrouver ici, face à cette parodie de justice", a réagi Patrick Balkany à la barre, citant même l'ancien président Georges Pompidou pour appuyer son agacement: "Arrêtons d'emmerder les Français".
Les débats se sont concentrés sur l'association communale Codeeil. La justice soupçonne l'ancien baron francilien d'avoir utilisé cette structure, qualifiée de "satellite" sans autonomie, pour continuer à rémunérer M. Guillot-Corail après son départ à la retraite en 2012, grâce à 855.000 euros de subventions municipales.
"On est en train de juger du travail de quelqu'un qui est mort en 2020, (...) c'est carnavalesque", s'est emporté le prévenu, assurant ne s'être "jamais occupé de cette association".
Il a loué le travail "considérable" de son collaborateur pour attirer des investisseurs étrangers et organiser la coopération avec l'Afrique. Et M. Balkany de préciser: "son salaire était loin d'être exagéré compte tenu du travail qu'il fournissait".
"Des ministres disent qu'il faut travailler après la retraite et vous me convoquez pour me dire qu'il ne fallait pas faire travailler un retraité, il vous a fallu des années pour me dire ça", a-t-il lancé.
Face à lui, la présidente a lu les auditions d'anciennes collaboratrices décrivant une association à l'autonomie "proche de zéro".