A l'Onu, Macron appelle à un arrêt immédiat des hostilités au Liban
information fournie par Reuters 25/09/2024 à 21:19

(Actualisé avec précisions, déclarations sur l'Ukraine et réforme de l'Onu)

Le président français Emmanuel Macron a appelé "avec force", mercredi à la tribune des Nations unies, Israël à "cesser l'escalade" au Liban et le Hezbollah à "cesser ses tirs" vers Israël.

Le président français a également annoncé que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se rendrait au Liban en fin de semaine dans le cadre des efforts diplomatiques visant à un arrêt des hostilités, alors que l'armée israélienne mène depuis plusieurs jours une campagne d'intenses bombardements aériens dans le pays contre des cibles liées au Hezbollah.

"Il ne doit pas, il ne peut pas y avoir de guerre au Liban. C'est pourquoi nous appelons avec force Israël à cesser l'escalade au Liban et le Hezbollah à cesser les tirs vers Israël", a déclaré Emmanuel Macron lors de l'Assemblée générale de l'Onu.

"Le Hezbollah prend depuis trop longtemps le risque d'entraîner le Liban dans la guerre. Israël, quant à lui, ne peut sans conséquence étendre ses opérations au Liban", a-t-il ajouté.

Selon des diplomates, la France, qui entretient des liens historiquement étroits avec le Liban, travaille avec les Etats-Unis à une initiative pour faire cesser les hostilités et ouvrir la voie à la diplomatie.

"La guerre qu'Israël mène à Gaza n'a que trop duré", a encore souligné le président français tout en condamnant à nouveau "l'attaque terroriste terrible et sans précédent décidée et menée par le Hamas" contre Israël le 7 octobre 2023.

"Israël a le droit légitime de protéger les siens" mais "les dizaines de milliers de victimes civiles palestiniennes n'ont aucune justification, aucune explication", a déclaré Emmanuel Macron.

Evoquant le conflit en Ukraine, le chef de l'Etat a dénoncé la "guerre de conquête territoriale" menée par la Russie, coupable selon lui "de graves manquements au droit, à l'éthique, à l'honneur même".

"Le sort de l'Ukraine engage la paix et la sécurité en Europe et dans le monde. Car qui pourra encore se croire protégé de ses voisins les plus forts, les plus violents, les plus avides, si nous laissons la Russie l'emporter comme si de rien n'était ?", a ajouté le président français.

Réaffirmant son soutien envers Kyiv, Emmanuel Macron a assuré que la France continuerait de fournir des équipements de défense à l'Ukraine.

"La France continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que l'Ukraine tienne bon, se mette hors de danger et obtienne justice."

Face aux conflits mondiaux qui "semblent ne pas se résoudre", Emmanuel Macron a appelé à une réforme de l'Onu pour la rendre plus "efficace", se disant favorable à ce que le Conseil de sécurité - l'organe exécutif des Nations unies - soit élargi.

"L'Allemagne, le Japon, l'Inde, le Brésil devraient en être des membres permanents, de même que deux pays que l'Afrique désignerait pour la représenter. De nouveaux membres devraient aussi être admis en son sein", a plaidé le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a aussi défendu de "limiter le droit de veto en cas de crime de masse" et de "se concentrer sur les décisions opérationnelles que nécessite le maintien de la paix et la sécurité internationales".

Le droit de veto, qui permet de bloquer toute résolution à l'Onu, est accordé uniquement aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

(John Irish, Tangi Salaün et Blandine Hénault pour la version française, édité par Jean-Stéphane Brosse)