A l'Enduropale du Touquet, adrénaline, "poireaux" et public en fusion pour la 50e édition
information fournie par AFP 15/02/2026 à 04:55

Le pilote français Florian Miot franchit la ligne d'arrivée et remporte la 50e édition de l'Enduropale, lors de la course "vintage" sur sable organisée au Touquet, dans le nord de la France, le 13 février 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Les cinquantièmes hurlants: l'Enduropale du Touquet, plus grande course de motos sur sable au monde selon ses organisateurs, fête ce week-end sa 50e édition dans le bruit et la fureur des 3.000 concurrents et 700.000 spectateurs attendus.

Le temps d'un week-end, cette station balnéaire huppée de la côte d'Opale perd la quiétude dans laquelle elle est plongée le reste de l'hiver.

La moindre place, entourée de maisons victoriennes, se retrouve remplie de motos. Et le front de mer, déjà noir de monde samedi pour les compétitions "juniors" et "espoirs" et la course de quads, ne désemplira pas d'ici l'épreuve reine, l'Enduropale, qui opposera 1.300 motos pendant trois heures dimanche après-midi.

Vendredi, la course "vintage", qui a réuni plus de 700 concurrents sur des motos d'avant 2000, a condensé toute l'essence de l'événement.

Dès le départ, le public se masse par milliers le long de la plage du Touquet. En deux vagues successives, des centaines de motos tout-terrain s'élancent sur une ligne droite de plus de 5 kilomètres, dépassant largement les 100 km/h pour les plus rapides, calant de longues minutes sur la ligne de départ pour les plus à la peine.

- "L'extase" -

Ces départs sont "hyper impressionnants", assure à l'AFP Stéphane Peterhansel, recordman de victoires sur le Rallye Dakar, qui a participé à plus d'une dizaine d'éditions de l'Enduropale. Il aime vivre "le bruit de toutes les motos qui démarrent et l'adrénaline que ça procure, la peur que ça procure".

Des motards participent à la course "vintage" sur sable de la 50e édition de l'Enduropale, au Touquet, dans le nord de la France, le 13 février 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Rouler sur une plage, c'est "le rêve pour tout motard (...), c'est vraiment l'extase, c'est vraiment le plaisir total."

Mais très vite, la piste se remplit d'ornières et tout le monde est à la peine, des professionnels qui doivent multiplier les dépassements de retardataires aux amateurs, nombreux à se planter dans le sable, d'où leur surnom de "poireaux".

Quand, au bout d'une dizaine de minutes à s'acharner sur sa vieille machine à l'arrêt après une chute, un pilote porteur d'une prothèse de jambe parvient à la redémarrer, le public ne s'y trompe pas et lui lance un tonnerre d'applaudissements à faire pâlir les leaders de la course.

Une ambiance dont ne peut se passer Lucas Colin, 29 ans et déjà habitué de l'Enduropale, qu'il a courue quatre fois. "Pour une personne née dans le Pas-de-Calais, l'Enduropale, c'est mythique", assure-t-il. "Depuis tout petit, je rêvais de faire cette course (...) Je fais toute ma saison pour l'Enduropale."

- "Une revanche sur la vie" -

Cette année a "une saveur particulière" pour lui: plutôt que la course du dimanche, il a opté pour l'épreuve "vintage" pour accompagner son père, en rémission d'un cancer. Pour eux, cette édition du Touquet, "c'est une revanche sur la vie."

A l'arrivée, dressé sur sa moto, il célèbre les bras levés à quelques mètres du maire LR du Touquet Daniel Fasquelle, qui vient d'achever, à 63 ans, son premier Enduropale "vintage". "C'est un rêve depuis toujours", dit l'édile en sueur, avouant ressentir "beaucoup d'admiration pour les pilotes" qui dominent l'épreuve.

Des pilotes de quad s'affrontent lors de la 50e édition de l'Enduropale, une course de quad sur sable organisée au Touquet, dans le nord de la France, le 14 février 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

En un demi-siècle d'existence, l'Enduropale, créée en 1975, a dû se réinventer pour s'adapter à l'évolution des consciences et de la science sur l'écologie et la protection de l'environnement.

Depuis une vingtaine d'années, le parcours se concentre sur la plage et évite les dunes qui la longent, lesquelles constituaient à l'origine une grande partie du circuit. Depuis quelques années, le public n'a plus le droit de se masser au pied de ces mêmes dunes, qui renferment une précieuse biodiversité.

L'Enduropale dressera à l'issue de cette 50e édition son premier bilan carbone.

Daniel Fasquelle croit deviner que la majorité des émissions y seront le fait du public. Selon un baromètre publié en 2024 par la Fédération française de motocyclisme, 83% des émissions liées aux courses automobiles en France sont dues aux déplacements et à la restauration des spectateurs, contre 4% pour le roulage des pilotes.