À Gaza, une fresque honore le rappeur Macklemore pour son soutien aux Palestiniens information fournie par Reuters 18/09/2026 à 19:33
par Dawoud Abu Alkas et Pesha Magid
Une fresque représentant le rappeur américain Macklemore enveloppé dans un drapeau palestinien a été peinte par des artistes gazaouis sur une large dalle de béton au milieu des ruines de l'enclave, afin d'honorer le chanteur pour son soutien à la cause palestinienne.
"Merci d'avoir fait entendre ta voix pour la Palestine", peut-on lire sur la fresque représentant Macklemore le poing en l'air. Le rappeur, qui devait effectuer les premières parties des concerts de la pop star britannique Ed Sheeran, a été exclu de la nouvelle tournée de ce dernier pour avoir lancé un appel en faveur d'une "Palestine libre".
Critique de longue date des actions militaires israéliennes dans l'enclave palestinienne, Macklemore a été déprogrammé de la tournée d'Ed Sheeran alors que des propriétaires de stades accueillant les concerts ont refusé de le laisser se produire dans leurs enceintes.
Le milliardaire américain Robert Kraft, propriétaire du Gillette Stadium dans le Massachusetts, a déclaré avoir interdit à Macklemore de s'y produire en raison de son "antisémitisme".
Mais à Gaza, où l'armée israélienne a lancé une campagne militaire à la suite des attaques du Hamas palestinien contre l'Etat hébreu le 7 octobre 2023, la prise de position de l'auteur des hits "Thrift Shop" et "Can't hold us" a été vivement saluée.
"Nous voulions envoyer un message pour remercier le rappeur Macklemore de cette manière simple", a déclaré Anne Redwan, 26 ans, qui a conçu et peint la fresque avec son collègue artiste Qusai al-Helo.
"En tant qu'artistes vivant sous le siège ici à Gaza, nous attendons le soutien de toute personne capable de voir la persécution à laquelle nous sommes soumis", a-t-elle déclaré à Reuters. "Nous pouvons réaliser des fresques encore plus grandes que celle-ci pour exprimer nos sentiments."
Près d'un an après la fin des combats majeurs à Gaza, la reconstruction n'a toujours pas commencé. La plupart des bâtiments ont été détruits et plus de deux millions d'habitants, désormais déplacés et réfugiés dans des abris de fortune, sont confinés sur environ un tiers du territoire de l'enclave.
Un plan de paix négocié par les Etats-Unis est au point mort, les négociateurs n'étant pas parvenus à s'entendre sur les conditions du désarmement du Hamas et du retrait des troupes israéliennes.
DON D'UN MILLION DE DOLLARS
L'exclusion de Macklemore de la tournée d'Ed Sheeran a soulevé une polémique en ligne.
Macklemore a déclaré mercredi qu'il ferait don d'un million de dollars de recettes nettes issues du début de la tournée à six organisations humanitaires venant en aide à Gaza.
Robert Kraft a quant à lui indiqué qu'Ed Sheeran lui avait confié qu'il ferait don de 2 millions de dollars pour venir en aide dans la région, et lui avait demandé de s'aligner sur cet engagement. Ed Sheeran n'a fait aucun commentaire public concernant d'éventuels dons.
Des responsables d'organisations humanitaires ont dit que l'attention de célébrités pourrait contribuer à mobiliser davantage de soutien en faveur de Gaza, où la quasi-totalité des habitants dépend de l'aide humanitaire pour se nourrir, s'approvisionner en eau, bénéficier de soins médicaux et se loger.
"Mais ce qui importe vraiment, c'est que les personnes qui se sont montrées si généreuses continuent à s'engager sur le long terme", a déclaré Toby Fricker, un responsable local de l'Unicef.
"C'est pourquoi nous appelons vraiment à un soutien durable, non pas à des pics ponctuels, mais à un engagement soutenu."
Hussein Murtaja, qui dirige une association humanitaire à Gaza offrant un soutien psychologique aux enfants, a déclaré que la solidarité de Macklemore comptait davantage que l’argent qu’il avait donné.
"Lorsque des artistes de cette envergure, qui comptent autant d’abonnés ou de fans, tous viennent à mieux comprendre cette cause et soutiennent la recherche d’une solution politique, soutiennent l’instauration de la paix pour la population de Gaza (...) Cela compte énormément pour nous."
(Reportage Dawoud Abu Alkas à Gaza, avec Pesha Magid à Jérusalem et Nidal al-Mughrabi au Caire ; version française Etienne Breban)