A gauche la bataille s'accélère, Glucksmann et Mélenchon lorgnent les écologistes
information fournie par AFP 24/08/2026 à 17:34

Le leader de Place publique Raphaël Glucksmann au 20H00 de TF1 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, le 23 août 2026 ( AFP / Julie SEBADELHA )

La bataille à gauche s'accélère : désormais candidat à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a enregistré lundi le ralliement de l'écologiste Yannick Jadot, des Verts également courtisés par Jean-Luc Mélenchon, fort d'un sondage le donnant en position de se qualifier pour le second tour.

La journée de dimanche a symboliquement mis en scène le duel attendu entre les deux hommes en vue de la présidentielle : Jean-Luc Mélenchon jugeant "la victoire possible" en clôturant le matin la démonstration de force de l'université d'été de LFI, Raphaël Glucksmann se déclarant candidat le soir au JT de TF1 pour "relever la France".

Avant d'en arriver là, le fondateur de Place publique devra cependant passer par la case primaire organisée par son mouvement et le Parti socialiste.

Les deux partis doivent valider mardi les modalités de cette petite primaire, réservée aux seuls adhérents de ce pôle social-démocrate (moyennant une contribution de 15 euros pour ceux qui veulent le rejoindre). Le scrutin se tiendra le weekend du 10 octobre pour le premier tour, et une semaine plus tard pour un second.

Plusieurs socialistes, s'ils remplissent les conditions de parrainage requises, sont déjà sur les rangs : le député Philippe Brun, l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal et le député Jérôme Guedj.

Mais le principal adversaire du compagnon de Léa Salamé, qui a officialisé lundi sa mise en retrait du 20H00 de France 2, devrait être Olivier Faure, qui n'a pas encore fait acte de candidature, mais entend défendre sa ligne d'union de la gauche à l'occasion de l'université d'été du parti en fin de semaine à Blois.

Les Écologistes divisés

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure à l'Assemblée nationale à Paris le 6 juillet 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le Premier secrétaire du PS a été un peu pris de vitesse par l'eurodéputé qui a enregistré lundi le soutien de l'ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot. Ce dernier accompagnera son candidat mardi pour son premier déplacement de campagne à La Rochelle sur les thèmes de l'éolien et de la biodiversité.

M. Jadot a justifié son choix par le fait que "l'écologie politique n'est pas en capacité de rassembler et de jouer la gagne".

De fait, les Écologistes sont tiraillés sur leur stratégie : une candidature autonome de Marine Tondelier, qui ne décolle pas dans les sondages, un soutien à un candidat social-démocrate ou un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Les partisans de cette dernière option donnent de plus en plus de la voix, à l'instar de la députée Sandrine Rousseau qui a indiqué lundi militer pour un vote interne qui "aboutisse à une alliance et à des discussions avec La France insoumise".

Les écologistes n'ont pu qu'apprécier le discours dimanche de Jean-Luc Mélenchon, quasi-exclusivement consacré à l'environnement.

Le leader insoumis est aussi conforté par un dernier sondage le plaçant en position dominante dans son camp.

Sondage source de tensions

Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme, le 23 août 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Selon une enquête Harris interactive-Toluna publiée lundi, sur cinq configurations de 1er tour envisagées, M. Mélenchon se hisserait au second tour face à Marine Le Pen (RN) dans trois cas de figure et ferait jeu égal à 17% avec Édouard Philippe (Horizons) dans un autre.

Mais il resterait très largement battu (68-32%) par Marine Le Pen au second tour.

Cette enquête, qui révèle une perte de vitesse d’Édouard Philippe, est aussi très commentée dans le bloc central, en particulier chez les soutiens de Gabriel Attal (Renaissance), qui récolterait 15% s'il était le seul candidat du camp macroniste.

M. Philippe "est en train de perdre son pari" d'être le candidat "rempart" du bloc central face à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, a affirmé l'entourage du patron du parti présidentiel.

"Le match est en réalité plus ouvert que jamais", a-t-on encore indiqué lundi dans les rangs de Gabriel Attal, où l'on espère une inversion des courbes entre les deux anciens Premiers ministres.

La plupart de ces candidats (Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier) auront une première occasion de débattre de leurs projets économiques à la rentrée du Medef jeudi au stade Roland-Garros à Paris.