A Cuba, l'aide américaine distribuée en charrette information fournie par AFP 20/06/2026 à 15:24
Sur une bicyclette customisée faisant office de fauteuil roulant, Teodardo Debardet rentre chez lui après avoir reçu un colis d'aide humanitaire envoyé par les Etats-Unis pour les sinistrés de l'ouragan Melissa qui a frappé l'est de Cuba l'an dernier.
Au moment même où Washington impose un blocus pétrolier et une série de sanctions qui paralysent presque totalement l'économie de l'île et mettent à rude épreuve la vie de millions de Cubains, la distribution de l'aide américaine se poursuit.
Teodardo Debardet vit dans le village de Hongolosongo, près de la localité d'El Cobre, dans la province de Santiago de Cuba (est). Dans le colis qu'il vient de recevoir se trouvent du riz, des haricots, de l'huile et des boîtes de conserve, ainsi que des produits d'hygiène et des comprimés de chlore pour purifier l'eau.
Amputé - il a perdu ses jambes dans un accident du travail - et ne disposant que de deux doigts à chaque main en raison d'une maladie, il avance lentement vers sa maison en bois.
L'ouragan, qui a frappé Cuba avec des vents soufflant à 195 km/h, a arraché le toit de sa maison et détruit la salle de bain.
Dans cette communauté rurale de 130 habitants, moins de la moitié des foyers sont raccordés à l'électricité, et seule une minorité a accès à l'eau courante. Beaucoup n'ont toujours pas réparé leur toit.
Caritas sert d'intermédiaire humanitaire à Washington, qui ne veut pas verser l'aide directement au gouvernement communiste. L'ONG catholique a déjà distribué la quasi-totalité d'une aide de trois millions de dollars envoyée en début d'année, sur neuf millions promis.
Washington a également proposé une aide supplémentaire de 100 millions de dollars pour l'île, dont 60 millions seraient distribués par Caritas et 40 millions par d'autres organisations non gouvernementales.
La Havane a dit examiner cette offre et ses modalités, sans confirmer son acceptation. Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a fait valoir que la levée de l'embargo américain, en vigueur depuis 1962, serait plus utile que l'envoi d'aide humanitaire.
"C'est un peu difficile pour nous parce que nous devons trouver un moyen de transport, nous procurer du carburant et voir qui peut nous emmener", a expliqué Katia Simon, responsable de Caritas à El Cobre.
Quand l'essence et le diesel viennent à manquer, l'aide est transportée en charrette à bœufs.
Elle est toujours bien accueillie quand elle arrive, d'autant que l'ONG l'accompagne de consultations médicales, de sessions de coiffure, de manifestations récréatives pour les enfants.
"Nous accueillons cette aide, d'où qu'elle vienne. Si elle vient du peuple des Etats-Unis, très bien", a déclaré Osmany Vedey, 63 ans.
Dans les mois qui ont suivi l'ouragan, l'ONU, l'Union européenne, la Chine, le Venezuela, le Mexique et d'autres pays de la région ont envoyé de l'aide.
Soumise aux mêmes difficultés d'acheminement en raison des pénuries de carburant, l'ONU poursuit son programme d'assistance aux sinistrés.