A Carcassonne, concurrence de "remparts" face au RN
information fournie par AFP 18/03/2026 à 18:41

Le maire RN de Perpignan Louis Aliot (g) et le candidat RN aux municipales à Carcassonne Christophe Barthès le 18 mars 2026 à Carcassonne ( AFP / Ed JONES )

Un candidat Horizons et une liste de gauche conduite par un socialiste, incluant une poignée de colistiers du maire sortant divers droite, se posent à Carcassonne en "remparts" face au RN, qui fort de sa première place dimanche, croit en sa victoire au second tour des municipales.

Dans cette ville d'environ 46.000 habitants, célèbre pour sa citadelle classée au patrimoine mondial de l'Unesco, le député RN Christophe Barthès a recueilli 34,52% des voix au premier tour.

"Nous sommes le dernier espoir d'avoir une vraie droite à Carcassonne", a-t-il déclaré mercredi, au côté de Louis Aliot, vice-président du RN, venu en voisin de Perpignan, à une centaine de kilomètres au sud-est de la cité audoise, où il a été réélu dès le 1er tour.

"Carcassonne aujourd'hui, c'est Perpignan il y a six ans", a estimé M. Aliot, "on est un peu dans la même configuration avec une coalition d'adversaires qui, à part le tout sauf Barthès comme il y avait le tout sauf Aliot, n'ont pas de programme".

"Surtout n'ayez pas peur" a poursuivi, à l'adresse des électeurs carcassonnais, le maire de Perpignan, qui voit dans sa réélection et celle d'autres maires du parti d'extrême-droite au premier tour, une contradiction avec le portrait que l'on dresse d'eux, des "incompétents", des "débiles mentaux", ou des "fachos".

- quatre colistiers -

Le candidat RN à Carcassonne a devancé au premier tour la liste conduite par le candidat Horizons François Mourad, ancien directeur de cabinet du maire sortant, et Magali Bardou, ex-adjointe au tourisme (25,36%), puis la liste d'union de la gauche (23,27%), le maire divers droite Gérard Larrat, 84 ans, étant quant à lui décroché à 12,27%.

Dans l'optique du second tour, la liste Mourad/Bardou qui a fait du désenclavement, de l'attractivité économique et touristique de Carcassonne ses fers de lance avait exclu dès dimanche soir toute fusion face au RN, synonyme à leurs yeux de "tromperie" pour les électeurs.

A gauche, la liste d'union menée par le premier secrétaire du PS de l'Aude, Alix Soler-Alcaraz, a décidé de se maintenir, en dépit de sa position au premier tour.

"Beaucoup de gens mettent en exergue notre troisième place pour considérer que nous aurions dû nous retirer purement et simplement", a concédé la tête de liste, lors d'un point presse.

Mais, après avoir appelé à une "coalition républicaine" face au RN, M. Soler-Alcaraz a considéré que le ralliement de quatre colistiers de l'ancien maire lui permettait de présenter aux électeurs "un collectif bien plus large qui a vocation à fédérer" au second tour "pour faire rempart à l'extrême-droite".

- "neuf chances sur dix" -

Annoncée mardi après-midi, cette décision de maintien a semblé incertaine pendant quelques heures avant d'être confirmée dans la soirée.

"On a pris le temps d'échanger, de réfléchir et de se concerter et de prendre collectivement une décision qui va permettre aux Carcassonnais de s'y retrouver", a estimé le candidat.

"Si M. Soler-Alcaraz ne se retire pas, Christophe Barthès a neuf chances sur dix d'être élu maire de Carcassonne dimanche", déplore M. Mourad qui revendique de combattre M. Barthès "depuis des années".

Le candidat RN appelle de son côté "tous les électeurs de Gérard Larrat à faire bloc" derrière lui, dénonçant d'un côté une "coalition contre-nature" - "c'est même plus la carpe et le lapin", a-t-il dit mercredi - et de l'autre la "campagne exécrable et dégueulasse" de M. Mourad.

Se revendiquant du "bon sens paysan", cet agriculteur de profession promet, s'il est le maire, "de nettoyer le devant des portes de nos concitoyens. Au propre comme au figuré".