A Blois, Olivier Faure tente de proposer une alternative à François Bayrou information fournie par AFP 29/08/2025 à 13:02
Proposer une alternative crédible à François Bayrou. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure est très attendu vendredi à Blois où il entend faire "la démonstration qu'il existe un autre chemin" que le budget "inacceptable" du Premier ministre qui continue de son côté sa campagne pour ne pas tomber le 8 septembre.
En inaugurant la Foire de Châlons-en-Champagne, François Bayrou a livré un nouveau plaidoyer, au nom de la jeunesse, pour justifier sa décision de demander la confiance de l'Assemblée sur l'état des finances publiques et l'ampleur de l'effort à accomplir en 2026.
La dette, dont la charge est croissante d'année en année, "c'est l'esclavage des plus jeunes", "qui sont bloqués dans dans leur projet de vie, a-t-il martelé, en appelant les "boomers" - les retraités - à ne "pas se désintéresser de la situation faite aux jeunes".
Le Premier ministre a été accueilli par quelques manifestants. Mais les syndicats réservent leurs forces pour la journée de mobilisation qu'ils ont décidée le 18 septembre contre ce qu'ils nomment "le musée des horreurs du projet de budget". Une date qui leur laisse aussi le temps d'apprécier l'ampleur du mouvement "bloquons tout" du 10 septembre, né sur les réseaux sociaux, et les suites politiques de la probable chute de François Bayrou.
Car, comme les autres partis de gauche et le RN, le PS a déjà annoncé qu'il voterait contre la confiance. Et il réclame qu'Emmanuel Macron laisse la possibilité de gouverner à la gauche, arrivée en tête des législatives anticipées de 2024.
Si le parti n'exclut pas de se rendre à l'invitation du Premier ministre la semaine prochaine, "ce n'est pas pour négocier", mais "réexpliquer qu'on ne votera pas la confiance", affirme son secrétaire général Pierre Jouvet.
La France insoumise et les Ecologistes ont refusé de se rendre à ces consultations de la dernière chance à laquelle participeront Jordan Bardella et Marine Le Pen reçus mardi matin.
Le chef des socialistes aura à cœur, lors de son discours en fin de journée, de démonter le discours "du camp de la raison", qu'essaye d'installer François Bayrou en invitant à choisir entre "le chaos" et "la responsabilité", remarque Pierre Jouvet.
- "Copie la plus crédible" -
Des propositions "concrètes" seront présentées samedi pour faire "la démonstration qu'il est possible de désendetter le pays", a développé Olivier Faure dans La Nouvelle République.
Il s'agit de détailler "la copie la plus crédible possible", avec "des recettes, de vraies économies et un plan de relance pour l'industrie", esquisse le député Philippe Brun.
L'effort budgétaire, qui reposera d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises, sera bien inférieur aux 44 milliards défendus par M. Bayrou pour 2026 et sera étalé sur plusieurs années.
Un désaccord de fond avec François Bayrou qui estime que ces 44 milliards sont "une première marche" indispensable pour réduire le déficit public à moins de 3% du PIB en 2029, seuil à partir duquel la dette n'augmenterait plus selon lui.
"Nous sommes la solution", a assuré jeudi Olivier Faure, qui semble se poser en potentiel Premier ministre, poste qu'il avait déjà revendiqué il y a un an, en vain, auprès de ses partenaires du Nouveau Front populaire (NFP).
Mais pas question de proposer un nom pour Matignon, assurent les socialistes, peu disposés à se déchirer sur une personnalité.
Même si beaucoup doutent de la volonté du chef de l'Etat de nommer une personnalité issue de leurs rangs, les socialistes échafaudent le scénario d'un "gouvernement de gauche minoritaire" qui négocierait un accord de non-censure et de non-utilisation du 49.3 avec le bloc central, mais sur "une base politique de gauche".
Le PS espère bien "embarquer" avec lui ses partenaires: Ecologistes, communistes, ex-insoumis, Générations, qui seront tous rassemblés à Blois pour un meeting commun.
Emmanuel Macron "n'a pas d'autre choix que de nous nommer", a répété vendredi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
Un gouvernement "de Ruffin et Roussel à Glucksmann", espère Pierre Jouvet, même si le patron de Place publique Raphaël Glucksmann, qui sera présent à Blois, semble vouloir jouer sa partition seul pour 2027.
Quant aux Insoumis, avec qui les relations sont exécrables, les plus optimistes les voient en "soutien sans participation".
Ce qui n'est pas garanti. "Si ce n'est pas" pour appliquer le programme du NFP, "ne croyez pas qu'on va faire un chèque en blanc à des gens dont on ne sait pas quelle politique ils vont adopter", a prévenu l'Insoumis Eric Coquerel vendredi.