A Arcachon, l'espoir d'un "nouveau départ" après le mégafeu de Gironde
information fournie par AFP 02/08/2026 à 16:39

Des estivants et des gendarmes sur le front de mer à Lacanau, en Gironde, le 1er août 2026 ( AFP / Philippe Lopez )

"Ca fait du bien" : à Arcachon, le front de mer retrouvait timidement dimanche les vacanciers qui avaient déserté au plus fort du mégafeu de Gironde, un soulagement pour cette station balnéaire épargnée par les flammes mais économiquement très dépendante du tourisme.

Grand soleil sur le front de mer, la plage se remplit peu à peu, à l'image des terrasses des restaurants et des glaciers qui lui font face. L'activité est pour l'heure timide, plutôt inhabituel pour un début août dans cette station balnéaire d'habitude très courue.

Un homme marche sur la plage à Andernos-les-bains, en Gironde, le 1er août 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

"Là, c'est relativement calme. En temps normal, il y a plus de monde", relève Corinne, 62 ans, qui habite la commune voisine de La Teste-de-Buch.

Ce "temps normal", c'est évidemment celui de l'avant-mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares du massif forestier de Gironde, déclaré "fixé" samedi après une dizaine de jours de lutte acharnée menée par les pompiers.

"Positif"

Ce côté du bassin d'Arcachon a certes été épargné par les flammes qui ont détruit au total 240 maisons, notamment au Porge, commune du nord du bassin. Mais, en pleine période estivale, l'incendie a mis "un gros coup de frein" à l'activité touristique, constate Joaquim Fajarnes, glacier sur le front de mer.

Des clients achètent des huîtres à Andernos-les-bains, en Gironde, le 1er août 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Le tourisme est pourtant l'un des piliers de l'économie de la Gironde : il pèse 7% du PIB girondin, emploie plus de 40.000 personnes et génère 3,2 milliards d'euros de retombées directes, selon le département.

Il y a peu d'amateurs de glaces en cette fin de matinée et les touristes se font rares sur la promenade qui longe la plage. Elle se remplira plus tard, à l'image des terrasses.

Des employés attendent le retour des vacanciers dans un camping qui avait évacué en raison des incendies, le 1er août 2026 à Lacanau, en Gironde ( AFP / Philippe Lopez )

"Pour moi, la reprise n'est pas encore là", lâche M. Fajarnes qui possède aussi deux magasins de souvenirs, l'un à Arcachon et l'autre au pied de la dune du Pilat voisine.

Mais "on l'espère, on fait tout pour" et "on va être positif", martèle le commerçant.

Pendant l'incendie, "il n'y avait pas grand monde", se souvient Julien Daufresne, 42 ans, allure élégamment décontractée et écouteurs vissés dans les oreilles.

"Ca fait du bien de voir du monde!", se réjouit ce vendeur dans un magasin d'horlogerie-joaillerie à Bordeaux, heureux de voir que "la vie reprend".

"Ce qui était impressionnant, c'était de voir le boulevard de la plage vide. Pas de voitures, pas de passages, rien. Et là, ça recircule un peu", sourit-il.

Certes, "on n'a pas été évacués, on n'a pas perdu notre maison", les feux ayant concerné essentiellement le pourtour nord et nord-est du Bassin d'Arcachon.

Des personnes regardent la mer à Lacanau, en Gironde, le 1er août 2026 ( AFP / Philippe Lopez )

Mais, quand même, "ça fait du bien", glisse le quadragénaire, qui n'a pas pu aller travailler pendant les feux. "Même hier, en retournant au travail, j'étais content d'avoir du monde dans le train", confie-t-il.

"Nouveau départ"

Bruno Spinosa, retraité de 67 ans, se dit à "moitié tranquille", alors que des feux demeurent malgré tout "actifs" à Lège et au Porge, au nord d'Arcachon, comme l'a annoncé dimanche matin la préfecture de Gironde.

Une serveuse dans un restaurant de Lacanau, en Gironde, le 1er août 2026 ( AFP / Philippe Lopez )

"J'espère (un) nouveau départ", poursuit cet habitant de la commune du Teich, qui ne mâche pas ses mots contre les "gens qui commencent à faire des pique-niques avec la clope au bec". "Je suis un peu inquiet parce que la sécheresse qu'on a eue cette année était quand même extraordinaire" et qu'il "suffit d'un petit mégot" pour tout embraser, s'agace-t-il.

Luisa Nogues et Rosa Pinto, deux soeurs de 61 et 66 ans, sont arrivées le 19 juillet sur le Bassin, leur lieu de vacances traditionnel. Elles disent avoir été très "touchées" par les incendies et le sort des évacués, 220.000 personnes au total.

"C'était horrible", grimace Luisa. "On se mettait à la place des gens et la deuxième semaine, on n'était pas bien. On ne se sentait plus du tout en vacances".

Mais pour Rosa, là, "ça y est, on sent que ça revit un petit peu, les gens ont moins la tête dans les épaules".