50 millions d'euros et un "enlaidissement de Paris" : le nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale fait polémique
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/08/2026 à 15:31

L'Assemblée nationale "est en lien avec les services de l'État et de la Ville de Paris pour adapter le projet à leurs exigences", selon l'entourage de Yaël Braun-Pivet.

( AFP / JOEL SAGET )

Le projet de nouveau pavillon d'accueil à l'Assemblée nationale, qui a récemment reçu l'avis favorable de la Mairie de Paris, provoque la colère d'une association et rencontre l'opposition du Rassemblement national.

Pour améliorer l'accueil des visiteurs, de plus en plus nombreux, l'institution avait déposé en 2025 un permis de construire pour ériger un nouveau bâtiment à la place de l'actuel pavillon, accolé au Palais Bourbon. Mais le projet avait dû être mis sur pause le temps d'obtenir une autorisation de creuser sous l'une des cours.

Situé dans un quartier au patrimoine architectural protégé , le projet a besoin de toute une série d'approbations de l'État, de la Ville de Paris, des architectes des Bâtiments de France, avant qu'un nouveau permis de construire soit déposé. Mi-juillet, la Ville de Paris a rendu un avis favorable à la modification du règlement d'urbanisme concerné, ce qui constitue "une étape dans cette procédure", qui va durer encore plusieurs mois, et non une "autorisation d'urbanisme ni une validation définitive du projet architectural", précise la mairie. Un nouveau permis va devoir être déposé.

Opposé au projet depuis son annonce, le député RN Sébastien Chenu a appelé mercredi, dans un communiqué conjoint avec la députée RN Hélène Laporte, à ce que le bureau de l'Assemblée se prononce à nouveau sur ce projet, jugé "contestable et hors de propos" .

Pétition

"Tous les groupes ont validé ce projet puisqu'ils étaient tous représentés au sein du bureau" lors du vote d'approbation à l'unanimité en septembre 2024, défend l'entourage de la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet.

L'esthétique du nouveau bâtiment ainsi que la démolition de l'actuel pavillon ont été critiquées dès le départ et ont donné lieu au lancement d' une pétition en 2025 par l'association Sites & Monuments , qui évoque un "enlaidissement de Paris". Elle recueille vendredi 90.000 signataires.

L'Assemblée nationale "est en lien avec les services de l'État et de la Ville de Paris pour adapter le projet à leurs exigences", qu'elles soient esthétiques, climatiques ou patrimoniales, assure à l' AFP l'entourage de Yaël Braun-Pivet. "On se conformera à tout".

D'autres critiques sur le coût du projet de 53 millions d'euros ont émergé. Les travaux sont "autofinancés" avec les réserves de l'Assemblée et les dépenses déjà engagées pour réaliser des études d'accessibilité étaient "de toute façon nécessaires et seront utilisées", affirme l'entourage de Yaël Braun-Pivet.