2027: Faure fixe une date-butoir au 9 juillet pour trancher la question de la primaire
information fournie par AFP 02/06/2026 à 23:17

Le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, le 5 mai 2026 à Paris ( AFP / Xavier GALIANA )

Des tractations mais avec une échéance: le patron du PS Olivier Faure entend faire trancher les militants socialistes le 9 juillet sur la stratégie pour la présidentielle, et notamment la question de la primaire à gauche, tout en espérant trouver d'ici là un accord allant de "Ruffin à Glucksmann", selon son entourage.

Lui-même partisan d'une primaire pour dégager un candidat unique de la gauche hors-LFI, et engagé dans des tractations entre partisans et opposants à cette solution y compris au sein de son propre parti, Olivier Faure reste "déterminé à poser une stratégie qui réunit de Ruffin à Glucksmann et donne une perspective à une victoire de la gauche démocratique et écologique", insiste son entourage.

Mais "nous ne pouvons pas devenir la gauche la plus bête du monde au moment où la menace de l'extrême droite n'a jamais été aussi crédible", soutient la même source, estimant qu'il est "temps de se mettre en mouvement".

Dès lors, les militants socialistes seront appelés à voter le 9 juillet au plus tard sur la stratégie pour la présidentielle. Olivier Faure s'était déjà engagé à faire voter les adhérents, mais la date-butoir n'avait jusqu'ici pas été actée.

A ce stade la patronne des Ecologistes Marine Tondelier et les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!) et Benjamin Lucas-Lundy (Génération.s) se sont portés candidats à une primaire de la gauche hors-LFI programmée le 11 octobre. Mais pas Raphaël Glucksmann.

Au sein du PS, cette voie ne fait pas non plus consensus, et les tensions ont culminé avec le départ de la direction du PS du chef des députés socialistes Boris Vallaud, opposé à un tel processus qu'il juge contre-productif et trop étriqué sans Raphaël Glucksmann.

Une piste proposée par Olivier Faure pour sortir de l'impasse serait une sorte de double primaire.

La première se jouerait globalement entre les candidats membres du Parti socialiste et Raphaël Glucksmann, le leader de Place publique. "Les militants et plus largement celles et ceux qui se reconnaissent dans l'espace de la gauche socialiste et social-démocrate seraient amenés à désigner leur candidat", souligne l'entourage de M. Faure.

Le vainqueur participerait ensuite à une deuxième primaire, ouverte, avec le "reste de la gauche démocratique et écologique".

Ce scénario a été présenté mardi soir par Olivier Faure a une centaine de membres de son courant, a précisé un participant à la réunion. "Personne ne sait s'il va être accepté par les courants opposés à Olivier Faure, mais c'est une piste qui peut faire consensus au sein du PS", explique ce proche du premier secrétaire, qui attend de voir aussi ce qu'en penseront Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier.

L'eurodéputé de Place publique pourrait y voir un intérêt, puisque le gagnant de la première primaire "rentrerait dans le 2e round en étant le candidat légitime du camp social-démocrate", estime ce cadre socialiste.

Quant à Marine Tondelier, cette proposition a le mérite de conserver l'idée d'un processus démocratique entre partenaires de gauche qu'elle réclame, ajoute le même.

A ce stade, la question qui sera posée aux adhérents le 9 n'est pas fixée, "puisque ce processus est encore en discussion", précise-t-il, jugeant tout cela "extrêmement fragile et hypothétique".

Selon cette source, outre Raphaël Glucksmann, pourraient être candidats à la primaire social-démocrate le député Jérôme Guedj, déjà déclaré candidat à la présidentielle, Boris Vallaud, François Hollande, qui "a laissé entendre qu’il pourrait être intéressé", et Olivier Faure.