1er-Mai: petites rivalités boulangères en macronie information fournie par AFP 01/05/2026 à 17:54
Sébastien Lecornu a payé 4,40 euros pour acheter son pain. Symboliquement, en ce 1er-Mai, il s'est rendu dans une boulangerie de Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, pour soutenir les commerçants qui ont choisi d'ouvrir leur boutique malgré le flou juridique entourant ce jour férié et chômé de la Fête du travail.
A la boulangerie-pâtisserie "Un brin gourmand", le Premier ministre a regretté qu'"une Assemblée nationale pas toujours bien facile" ait empêché de légiférer pour encadrer juridiquement le travail le 1er-Mai dans les commerces de proximité.
Une manière de répondre au chef du parti Renaissance Gabriel Attal, quasi-candidat à l'élection présidentielle, qui en a fait un dossier phare et a reproché au gouvernement de n'avoir pas fait avancer au Parlement sa proposition de loi sur le sujet.
Défenseur des fleuristes et boulangers et plus largement de la "liberté de travailler", l'ex-Premier ministre est, de son côté, brièvement passé derrière le comptoir d'une boulangerie de Vanves, dans sa circonscription des Hauts-de-Seine.
Chez "les Toqués du pain", il a encaissé les achats d'une cliente avant de s'inquiéter devant la presse du sort des boulangers et fleuristes qui pourraient être sanctionnés.
"Ce serait un scandale s'il y avait des verbalisations qui étaient mises par des inspecteurs du travail aujourd'hui, sur des boulangers et des fleuristes, j'espère que l'intelligence collective prévaudra", a-t-il dit.
Si c'était le cas, il faudrait une amnistie dans le prochain projet de loi car les artisans ne doivent pas "payer les pots cassés du flou juridique qui persiste", a-t-il ajouté.
Des contrôles ont été effectués vendredi mais "aucun incident ne nous est remonté", a assuré Sébastien Lecornu vendredi après-midi, sans en préciser le nombre.
"On n'a jamais dit qu'il n'y aurait pas de contrôle". "Y compris parce qu'il y a des conditions, notamment le volontariat du salarié, et ça, c'est pas négociable", a ajouté le Premier ministre.
Des irrégularités ont été constatées chez un commerçant en Isère. Il a très rapidement reçu un appel téléphonique de Laurent Wauquiez, et s'est retrouvé en ligne avec le Premier ministre, que le patron des députés LR accueillait en Haute-Loire.
Et l'exécutif de faire savoir qu'une "solution dans la loi" serait trouvée si des amendes sont dressées alors que les conditions sont respectées: volontariat des travailleurs et double-rémunération.
Le débat sur la possibilité pour les artisans boulangers et fleuristes, et pour d'autres commerçants de proximité, d'employer du personnel le 1er-Mai a pris une dimension nationale ces dernières semaines.
-En solo ou en famille-
Même s'il a choisi de ne pas pousser le texte de Gabriel Attal au Parlement, le gouvernement a assuré que les boulangers et fleuristes pourraient ouvrir avec leur personnel dès cette année, avant qu'un projet de loi ne formalise ce dispositif à partir de l'an prochain. Mais sans garantie que l'Inspection du travail, corps indépendant, ne les verbalisera pas.
Car jusqu'ici le cadre légal empêche les commerçants d'employer du personnel le 1er-Mai. Ils peuvent, s'ils le souhaitent, ouvrir mais en solo ou avec l'aide de leur famille.
A Saint-Julien-Chapteuil, Sébastien Lecornu a déambulé avec M. Wauquiez, député de la circonscription, dans les ruelles du village.
Il a fait un premier arrêt chez une fleuriste, achetant un brin de muguet agrémenté d'une rose. Puis à la boulangerie, le Premier ministre a interrogé l'artisan sur les conditions dans lesquelles il a ouvert son commerce en ce 1er-Mai. Celui-ci a répondu ne pas avoir hésité, et avoir demandé à un employé et une vendeuse de venir travailler.
"Il s'est beaucoup battu pour que ça puisse être ouvert le 1er-Mai, notre Premier ministre", a alors lancé Laurent Wauquiez, en soutien du chef du gouvernement, plutôt économe de ses mots.
Le dirigeant LR a ensuite accompagné le Premier ministre à un déjeuner avec une quinzaine d'artisans pour des échanges dominés par les thèmes du travail et de l'assistanat. Sébastien Lecornu y a apporté ses quatre baguettes.
"Il faut qu'on aide Sébastien à faire une allocation sociale unique qui fusionne toutes les aides sociales, qu'elle soit plafonnée par rapport au Smic pour qu'on ne puisse plus gagner plus de pognon dans ce pays en étant chez soi qu'en travaillant", a notamment lancé M. Wauquiez.
Un projet dans les tablettes de M. Lecornu, venu prendre la température sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient - hausse du prix des matériaux notamment - et en vue d'éventuelles nouvelles aides ciblées.