La BCE botte en touche, y compris sur les banques italiennes, laissant les investisseurs sur leur faim

le , mis à jour à 15:44
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La BCE et son président Mario Draghi ont très légèrement déçu les attentes des investisseurs jeudi.
La BCE et son président Mario Draghi ont très légèrement déçu les attentes des investisseurs jeudi.

Tout comme la Bank of England avant elle, la BCE a décidé jeudi de conserver le statu quo sur sa politique monétaire. Interrogé sur les banques italiennes, le président de la BCE a considéré que le sujet était du ressort de la Commission européenne, décevant légèrement les investisseurs.

« Nous n’avons pas assez d’informations pour le moment pour prendre des décisions additionnelles » en termes de politique monétaire : telle est la phrase que les investisseurs retiendront de la conférence de presse de Mario Draghi donnée jeudi 21 juillet 2016 à partir de 14h30.

Le CAC40, qui se situait à -0,52% à 14h30, a évolué avec une volatilité réduite au cours du discours très conventionnel et sans surprises de la part du président de la BCE. Une brève accélération du mouvement baissier s’est observée jusqu'à -0,8% vers 14h50, lorsque le président de la BCE a répondu à des questions relatives aux banques italiennes, avant un rapide rebond des cours.

Faibles attentes, faibles annonces

Les espoirs des investisseurs concernant de nouvelles annonces de la part de Mario Draghi, élevées suite à l’annonce du Brexit le 24 juin, s’étaient réduites au cours des derniers jours. Le statu quo annoncé par la Bank of England le 14 juillet, et les propos du gouverneur de la Banque du Japon jeudi matin, avaient indiqué aux investisseurs que les banques centrales ne voyaient globalement pas d’urgence à intervenir dans l’immédiat pour calmer les inquiétudes déclenchées fin juin par l’annonce du Brexit.

La BCE n’a effectivement pas annoncé de nouvelles mesures de politique monétaire, aussi bien dans son communiqué de presse de 13h45 que lors de la conférence de presse donnée à partir de 14h30. Les taux de la BCE ont notamment été laissés inchangés, comme cela était attendu par le consensus des analystes.

Comme lors des précédentes conférences de presse, le président de la BCE a répété que les taux directeurs « resteront à un niveau équivalent ou inférieur à leur niveau actuel pour une période de temps prolongée ». Quant au plan de « quantitative easing » (rachats d'actifs sur les marchés), celui-ci se poursuivra « au moins jusqu’à fin mars 2017 » ou jusqu’à ce que l’inflation remonte en zone euro à un niveau proche de 2%.

L’inflation reste actuellement loin de l’objectif de la BCE, ayant atteint « 0,1% en juin après -0,1% en mai », ce qui « confirme le besoin de maintenir une politique accommodante pour revenir à un niveau inférieur à mais proche de 2% » a déclaré M. Draghi, selon la formule rituelle.

Le président de la BCE a de nouveau évoqué des « perspectives atones sur les marchés émergents », qui avaient été mentionnées dans chacun de ses discours depuis l’automne 2015, mais a globalement estimé que « les risques pour les perspectives de la croissance restent orientés à la baisse », signifiant l’absence du besoin de renforcement des mesures de relance monétaire à l’heure actuelle.

Mario Draghi en conférence de presse, jeudi 21 juillet. Source : BCE.
Mario Draghi en conférence de presse, jeudi 21 juillet. Source : BCE.

Brexit : « Le stress des marchés a été contenu »

Interrogé sur les effets du Brexit, le président de la BCE s’est montré peu inquiet. « Nous estimons que les marchés ont fait face à cette poussée d’incertitudes avec une résistance encourageante » a-t-il affirmé, faisant référence au rebond des indices boursiers observé en Europe dès le 28 juin, après un pic d'inquiétudes les 24 et 27 juin. « Le stress des marchés a été contenu » a ainsi estimé M. Draghi.

Malgré cette confiance, le président de la banque centrale a expliqué qu’« Etant donné le climat d’incertitude actuel, le Conseil des gouverneurs continuera de suivre avec attention l’évolution des statistiques » sur l’activité économique en zone euro.

M. Draghi a affirmé de manière très conventionnelle que la BCE se réserverait la possibilité de faire évoluer sa politique monétaire à l’avenir en fonction de l’évolution de ces statistiques économiques, et que les informations disponibles étaient encore trop faibles à l'heure actuelle pour prendre toute décision.

Banques italiennes : légère déception

Au sujet des banques italiennes, la recapitalisation du secteur bancaire a été qualifiée de « réforme très importante à conduire », mais le président de la BCE s’est peu avancé sur ce sujet très attendu. « Il faudrait résoudre ce problème aussi rapidement que possible, mais c'est un problème qui ne peut se résoudre que lentement ».

Par ailleurs, « Nous avons déjà des règles en matière d’aides [au secteur bancaire], et la possibilité de mettre en œuvre ces règles revient à la commission » a-t-il déclaré.

Par ces propos, le président de la BCE a légèrement déçu les investisseurs qui pouvaient attendre des propos plus conciliants de la part de Mario Draghi pour les rassurer sur l’idée que les banques italiennes seraient soutenues par la BCE en cas de besoin.

Banca MPS, la plus surveillée des banques italiennes, a réduit sa hausse de +3,2% vers 14h40 à +1,1% vers 14h50, reflétant cette légère déception. Le mouvement haussier du titre Banca MPS n'a cependant pas tardé à ré-accélérer par la suite, le président de la BCE ne se montrant pas non plus totalement fermé sur le sujet de la recapitalisation des établissements bancaires par le secteur public.

Malgré le relativement faible soutien affiché aux banques italiennes, M. Draghi a voulu rassurer en expliquant que les établissements bancaires en zone euro « sont dans une situation nettement meilleure qu'en 2009 » en termes de solvabilité.

Les taux de la BCE sont restés inchangés jeudi 21 juillet 2016.
Les taux de la BCE sont restés inchangés jeudi 21 juillet 2016.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • jeanet66 le vendredi 22 juil 2016 à 12:57

    perso je reviens 100% liquide until 3850 mi août à la tête de l'europe il n'y a que des incompétents

  • jeanet66 le vendredi 22 juil 2016 à 12:55

    politique suicidaire car ne crée qu'une bulle donc un krach obligataire ensuite draghi et les sbires de la BCE ne sont que des IDIOTS !

  • guerber3 le jeudi 21 juil 2016 à 18:52

    Sacré Mario : 500000€ par an pour annoncer du vent...qui n' éxiste pas...!!!

  • ccondem1 le jeudi 21 juil 2016 à 15:48

    C'est vrai que ça baisse vachement ! ;-)

  • lorant21 le jeudi 21 juil 2016 à 15:38

    « Il faudrait résoudre ce problème aussi rapidement que possible, mais c'est un problème qui ne peut se résoudre que lentement ».. question à traiter rapidement et à résoudre lentement?