L'Etat encadre la communication des opérateurs sur la fibre

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    par Gwénaëlle Barzic 
    PARIS, 25 mars (Reuters) - Le gouvernement va encadrer 
l'utilisation du mot "fibre" par les opérateurs télécoms dans 
leur communication et leurs offres commerciales, une épine dans 
le pied de SFR  NUME.PA  dont le statut de numéro un sur ce 
marché est contesté par ses concurrents. 
    "Fausse fibre" ou "vraie fibre" : le débat anime depuis 
plusieurs mois le secteur des télécoms alors que cette 
technologie, qui offre des débits 30 fois plus rapides que 
l'ADSL, séduit de plus en plus de consommateurs. 
    SFR, le nouveau numéro deux des télécoms né de la fusion de 
l'ancienne filiale mobile de Vivendi  VIV.PA  avec le réseau 
câblé de Numericable, revendique le statut de leader avec un 
parc dépassant les 8 millions de prises raccordables.  
    Ses concurrents contestent cependant son utilisation du mot 
fibre au motif qu'une grande partie de ses offres sont en 
réalité hybrides : fibre jusqu'à l'immeuble puis câble coaxial 
jusqu'à l'habitation.  
    Orange  ORAN.PA  et Free (Iliad  ILD.PA ), loin derrière en 
termes de déploiement avec respectivement 5 millions et 2,5 
millions de prises raccordables, affirment, eux, déployer du 
"100% fibre" avec la technologie FttH (Fiber to the Home) qui va 
jusqu'au logement, ce qui est plus coûteux et demande plus de 
temps. 
    Si ces choix différents de technologie n'ont pas d'impact 
sur les débits descendants offerts au consommateur, le débit 
montant est en revanche plus limité avec un raccordement final 
en câble. 
    Dans ce débat technico-sémantique, le gouvernement a tranché 
avec la parution vendredi d'un arrêté au Journal officiel qui 
impose aux opérateurs de faire la clarté sur la technologie 
utilisée. Il n'est toutefois pas allé jusqu'à interdire à SFR 
d'utiliser le mot fibre comme le demandaient certains acteurs. 
     
    SFR ÉTUDIE DE POSSIBLES RECOURS 
    "Tout message publicitaire ou document commercial (...) s'il 
associe le terme 'fibre' aux services du fournisseur alors que 
le raccordement du client final jusque dans son logement n'est 
pas réalisé en fibre optique, comporte la mention '(sauf 
raccordement du domicile)'", peut-on lire dans l'arrêté. 
    Si un opérateur décide de communiquer sur le niveau de débit 
descendant de ses offres, il devra aussi le faire sur les débits 
montants, stipule également l'arrêté. 
    SFR, qui prévoit d'importants investissements pour raccorder 
22 millions de prises d'ici 2022, critique une polémique 
franco-française, soulignant que la technologie "Fiber to the 
building" (FttB) est majoritairement utilisée dans les autres 
pays. 
    "SFR étudie toutes les voies de recours possibles en France 
et à Bruxelles sur cet arrêté injustifié et techniquement 
irrecevable", a déclaré un porte-parole.  
    L'arrêté a reçu un avis favorable du régulateur des 
télécoms, l'Arcep, dont le président Sébastien Soriano avait 
déploré le "manque de règles du jeu claires" il y a quelques 
mois. 
    "Chaque option de terminaison présente des propriétés 
différentes, et il appartient au premier chef au consommateur de 
pouvoir arbitrer entre ces options, ce qui suppose que ce 
dernier soit pleinement éclairé en la matière", explique le 
gendarme des télécoms dans un avis rendu public vendredi. 
    La publication de l'arrêté intervient à quelques jours de la 
date butoir que se sont fixée Orange et Bouygues  BOUY.PA  pour 
leurs discussions sur un rapprochement dans les télécoms.   
    Selon les derniers chiffres de l'Arcep, les abonnements au 
très haut débit fixe ont bondi de 44% l'an dernier pour grimper 
à 4,3 millions. Sur ce total, 1,4 million concerne des offres 
fibre de bout en bout. 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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