Bourse : que valent les stars de l'économie digitale ? (Aurel BGC)

le , mis à jour à 18:19
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Réseaux sociaux, services aux consommateurs etc. Les nouvelles stars de l'internet bousculent les leaders établis
Réseaux sociaux, services aux consommateurs etc. Les nouvelles stars de l'internet bousculent les leaders établis

Facebook, Whatsapp, Spotify… Comment valoriser les stars d’internet déjà cotées ou non ? La question de la monétisation reste entière mais pas sûr de se trouver en présence d’une bulle tant ces nouveaux acteurs de l’économie redéfinissent leurs secteurs respectifs.

Les chiffres donnent le tournis… Facebook se targue de recenser 1,44 milliard d’utilisateurs mensuels à travers le monde (dont 936 millions qui se connectent tous les jours), l’application WhatsApp 800 millions d’utilisateurs mensuels actifs, le site de partage de photos Instagram 300 millions... Mais que valent ces « stars » à la cote ? L’action Facebook, qui avait raté son introduction en Bourse au printemps 2012, s’envole de 45% depuis un an (+10% depuis le 1er janvier). L’autre grand réseau social Twitter, introduit en novembre 2013 et qui a connu un passage à vide à l’automne 2014, est aussi bien orientée. Le titre s’adjuge 27% depuis un an et plus de 44% depuis le début de l’année.

Concernant Facebook, les Cassandre qui criaient à l’arnaque au moment de l’IPO (valorisation à 100 milliards de dollars!), alors que le réseau social fondé en 2004 par Mark Zuckerberg peinait à monétiser son audience colossale, doivent bien reconnaître que le site préféré des adolescents est en passe de devenir une machine à cash. « Les revenus publicitaires de Facebook sur mobile sont passées de 1,3 milliard de dollars au premier trimestre 2014 à 2,4 milliards de dollars au premier trimestre 2015. Sachant que ni WhatsApp, ni Instagram ne sont encore monétisés, le potentiel est donc réel, d’autant que la taille critique (le nombre d’utilisateurs) est nettement franchie » relève Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC.

La hantise des « leaders » établis : se faire « ubériser »

Une révolution est en cours et elle ne se limite pas au succès planétaire des médias sociaux. En s’adressant directement au consommateur final sans posséder en propre le moindre véhicule, Uber impose de nouveaux modèles économiques. Certains comme Maurice Lévy, le médiatique patron de Publicis, n’avait pas hésité à évoquer dans une interview en décembre 2014 au Financial Times sa crainte de « l’ubérisation de l’économie » : « Tout le monde commence à avoir peur de se faire ubériser. De se réveiller un matin pour s’apercevoir que son business traditionnel a disparu ».

Les exemples foisonnent : Uber justement qui bouscule la profession réglementée des taxis, Amazon qui porte des coups terribles aux libraires traditionnels, Airbnb qui concurrence rudement les hôteliers, WhatsApp qui taille des croupières aux opérateurs télécoms comme Google avant eux qui a commencé à vampiriser l’audience des publicitaires classiques en captant la publicité en ligne. Conquérir des centaines de milliers (ou millions) de clients grâce à internet n’est plus un pari fou pour une start-up innovante qui développe le bon filon, au bon moment. Même si d’autres contraintes pèsent sur ces nouvelles stars de l’économie : taille des serveurs, problèmes de sécurité, entrepôts de stockage (pour Amazon) etc.

L’enjeu du secteur digital : réussir sa monétisation

Contrairement à la bulle internet de l’an 2000, les Facebook  et autres acteurs de l’internet des années 2010 affichent déjà des résultats tangibles. La monétisation prend du temps mais un réseau comptant près d’1,5 milliard d’utilisateurs actifs à travers le monde reste une mine peu valorisée. « Comparé à son prix d’IPO, Facebook a plus que doublé. C’est bien mais en réalité presque médiocre. En 2000, Facebook se serait présenté en Bourse  à un stade bien plus précoce de son développement. Au regard du succès que connaît cette entreprise, son cours aurait pu être multiplié par plus de 100 » estime même le stratégiste d’Aurel BGC.

Avant de penser à « monétiser » son audience, il faut d’abord la conquérir. Devenir LA référence de son marché en privilégiant le service apporté au consommateur final. Une fois la base de clients fidélisée au niveau mondiale, la monétisation n’est pas une partie de plaisir car il ne faut pas heurter l’utilisateur par l’intrusion de formats publicitaires trop envahissants. Pour Aurel BGC, les géants de l’internet asiatiques auraient pris de l’avance dans ce domaine crucial. « Les concurrents de WhatsApp et Messenger offrent déjà des services variés comme le paiement en ligne ou des promotions commerciales. Ainsi, WeChat ou Line, des leaders de la messagerie instantanée en Asie, deviennent de véritables plateformes et étendent leur emprise bien au-delà du simple échange de messages ». En Europe, les sites américains restent plébiscités par les internautes et l’absence d’acteurs de référence issus du Vieux Continent ne fait que mettre en relief le retard pris dans l’économie numérique.

J.G

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  • fredgues le jeudi 30 avr 2015 à 13:39

    Les résultats de Twitter diffusés il y à 48heures ne vont pas totalement dans le sens de cet article ....Wake up Aurel BGC !!

  • b.renie le mercredi 29 avr 2015 à 06:08

    Je reste très sceptique sur la pérennité de ce genre d'activité qui au fond n'est basée que sur les recettes publicitaires car cela ne produit rien que des services que d'autres peuvent venir offrir dans de nouvelles conditions plus attractives. C'est donc très fragile. Et ce sont des investissements colossaux en hard et soft avec tous ls problèmes de sécurité que cela génère. Pour moi Keep away