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Placements : comment l'inflation vous fait perdre de l'argent...
Boursorama26/09/2018 à 15:55

Le retour de l'inflation n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les épargnants.(Crédits:Pixabay Geralt)

On en parle souvent mais on ne mesure pas forcément les effets de la hausse des prix sur la rentabilité réelle de votre épargne. Dans un contexte de taux bas, les effets de l'inflation sont d'autant plus redoutables sur les placements les plus sécuritaires. Explications.

L'inflation est de retour. Selon les dernières statistiques de l'Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 2,3% en août. « En retenant une moyenne annuelle, elle se situe autour de 1,8%. Ce petit ressaut est pour le moment très conjoncturel et avant tout la conséquence de la hausse des prix de l'énergie (14% en un an) », précise le numéro de septembre du Cercle de l'Epargne. Toutefois, cette hausse de l'inflation se conjugue à un environnement de marché dans lequel les capitaux restent abondants et les taux d'intérêt rivés au plancher. Cette situation n'est pas exempte de conséquences pour les épargnants. Surtout pour les plus rétifs aux risques et qui ont le fait le choix des placements les plus sécuritaires.

La nouvelle formule de calcul du Livret A pénalise l'épargnant

Le Livret A était pendant longtemps présenté un rempart contre l'inflation car son taux était calculé en tenant compte de la hausse des prix à la consommation. Hélas, son taux fixé à 0,75% depuis le 1er août 2015 ne devrait pas évoluer jusqu'au 1er février 2020, date à partir de laquelle sa nouvelle formule de calcul entrera en vigueur. Censée être plus simple, le taux sera désormais fixé comme la moyenne semestrielle du taux d'inflation et des taux interbancaires à court terme (Eonia). Ce qui se révélera moins favorable à l'épargnant car «la nouvelle formule entérine la possibilité d'un taux de Livret A inférieur à l'inflation », indique le Cercle de l'Epargne.

 On perd de l'argent en plaçant ses économies sur un livret réglementé

En tout état de cause, avec un rendement de 0,75% et une inflation moyenne de 1,8%, l'épargnant perd déjà de l'argent. « Le rendement réel du Livret A est donc négatif de près d'un point. Pour un épargnant ayant 10.000 euros sur son livret, cela signifie qu'il perd 100 euros sur une année », calcule le Cercle de l'Epargne. A noter que la situation est identique pour le Livret de développement durable, petit frère du Livret A et soumis aux mêmes règles de calcul.

 Le Plan d'épargne logement est également à la peine

Du côté des Plan d'épargne logement (PEL), la situation n'est guère meilleure. Il faut toutefois distinguer selon la date d'ouverture du plan car le taux servi à l'épargnant est celui en vigueur au moment où il a été souscrit. « Pour ceux ouverts entre 2003 et 2015, le rendement est respectivement de 2,5 et 3,5%. Le rendement réel positif est donc en moyenne de 0,9%. Net de prélèvements sociaux, le rendement réel est de 0,43% », analyse le Cercle de l'Epargne. Pour les PEL ouverts après 2016, voire après le 1er janvier 2018 (soumis à la flat tax dans ce dernier cas), la situation est fort différente : « Le rendement net d'impôt est de 0,7%, ce qui donne un rendement réel net négatif de 1,1% », indique le Cercle de l'Epargne. Pour les titulaires d'un Compte épargne logement (CEL), la situation est encore pire du fait d'une rémunération plus faible. Avec 0,5% de rendement facial, le rendement réel net est négatif de 1,3 point.

A savoir

Laisser dormir son argent sur un compte courant fait perdre du pouvoir d'achat

Selon les statistiques de la Banque de France, près de 33,4 milliards d'euros ont été collectés sur les comptes courants durant le premier trimestre 2018. Une situation qui s'expliquerait notamment par une certaine forme d'attentisme des épargnants qui ne savent pas où placer leur argent dans une période de taux bas. Malheureusement, ne rien faire et laisser dormir ses liquidités ne protège pas plus efficacement de l'inflation. Selon les calculs du Cercle de l'Epargne, avec une inflation de 1,8%, les « Français ont perdu en un an près de 8 milliards d'euros de pouvoir d'achat ».

  Privilégier les unités de compte plutôt que le fonds en euros

La collecte sur les contrats d'assurance-vie continue sa bonne dynamique. Près de 3 milliards d'euros ont été collectés en juillet dernier et 2,4 milliards d'euros pour le mois d'août. La collecte sur les unités de comptes qui était montée à 30% durant les mois précédents est retombée à 25% en août. Ce qui veut dire que la grande majorité des sommes placées sur un contrat d'assurance-vie le sont sur le support sans risque du contrat, le fonds en euros. Une stratégie qui s'avère peu rentable actuellement car les fonds en euros sont également confrontés à la baisse des taux d'intérêt et à l'érosion continue des rendements. « En quelques années, le rendement des fonds euros est passé de 5 à 1,8% en moyenne, soit le niveau de l'inflation. Avec la prise en compte de la fiscalité, le rendement réel net d'impôt est négatif de 0,5 à 0,8 point en fonction du régime fiscal », précise le Cercle de l'Epargne. Par comparaison, les unités de compte ont rapporté en moyenne 5% durant l'année 2017. De plus, elles sont mieux armées pour résister à l'inflation que les produits de taux car les entreprises peuvent réagir en augmentant leurs prix. Attention toutefois de ne pas oublier que ce sont également des produits plus risqués qui, à l'inverse du fonds en euros, représentent un risque de perte en capital. Moralité : l'équation financière pour l'épargnant est simple : soit il arbitre en faveur d'un peu plus de risque pour générer du rendement soit il va voir ses placements grignotés, lentement mais sûrement, par l'inflation...

A. L. (redaction@boursorama.fr)

3 commentaires

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  • faites_c
    25 septembre13:33

    "Par comparaison, les unités de compte ont rapporté en moyenne 5% durant l'année 2017."!!! Oui avec certaines que je peux citer qui ont rapporté juqu'à -10%!!! Entre -10% et +1.8% mon choix est vite fait!

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