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La cerise des coteaux du Ventoux, première Française à obtenir l'IGP... après 18 ans de procédure
information fournie par Le Figaro19/06/2021 à 07:00

(Crédits photo : Unsplash - Macu ic )

(Crédits photo : Unsplash - Macu ic )

Une quarantaine de producteurs du Vaucluse ont obtenu la reconnaissance européenne de leur savoir-faire.

Dix-huit ans après ! La cerise des coteaux du Ventoux a obtenu le 14 juin le droit de rejoindre le club très sélect des IGP, les indications géographiques protégées. Cette cocarde, décernée par la Commission européenne après une longue procédure de validation nationale, garantit aux agriculteurs agréés l'usage exclusif de cette appellation territoriale, à condition de remplir un cahier des charges vétilleux. Ces producteurs du Vaucluse avaient lancé la procédure en 2003.

Cette cerise qui pousse dans les environs du Mont Ventoux a deux particularités: elle est grosse et très brillante. Avec un tour de taille d'au moins 24 millimètres, elle est un tiers plus ronde que celles classiquement trouvées sur les étals. Mais l'IGP, contrairement à une appellation d'origine contrôlée (AOC), ne vient pas sanctifier une qualité gustative. Elle est la reconnaissance d'une qualité et d'un savoir-faire attachés à un terroir bien particulier.

Consécration d'un savoir-faire

«Nos fruits sont brillants car nos terrains, très calcaires, ne retiennent pas trop l'eau et parce que nous avons une bonne exposition au soleil, explique Jean-Christophe Neyron, le président de l'association de producteurs. On a un savoir-faire au niveau du calibre des fruits qui est lié à la façon dont on coupe les arbres. On les taille assez sévèrement de manière à ce qu'ils ne fassent pas plus de 3,5 - 4 mètres de haut. L'IGP reconnaît aussi notre aptitude à choisir la maturité optimale des fruits: on a un code couleur associé à chacune des variétés que l'on cultive.» La récolte doit être faite à la main. Un cahier des charges précis, surveillé de près par les autorités de certification qui permettra, au final, de se distinguer sur les marchés et de vendre plus cher.

Mais avant de totalement rebattre les cartes dans le Vaucluse, premier département producteur de cerises en France, il y a encore du chemin. Aujourd'hui, la cocarde ne réunit que 44 producteurs pour moins de 6% des terres dédiées à la cerise dans le département et une production annuelle moyenne inférieure à 1000 tonnes. Avec une procédure à rallonge, du monde a été perdu en route. «On était environ deux cents au début de la démarche, mais beaucoup se sont lassés, explique René Reynard, le trésorier de l'association des producteurs. Ce qui a aussi découragé c'est que depuis quelques années, on devait appliquer le cahier des charges, sans avoir la reconnaissance qui allait avec: c'était une IGP à blanc. Résultat, il ne reste que les irréductibles.»

Rendez-vous sur les étals... dans un an

La procédure d'IGP est une succession d'épreuves administratives. Création d'une association de défense et de gestion (ODG) pour réunir les producteurs, élaboration d'un cahier des charges très précis, validé par l'Institut national de l'origine de la qualité (INAO) à l'échelle régionale, puis au niveau national, homologation par le ministère de l'agriculture, et enfin, validation finale par la Commission européenne. Une procédure à rallonge qui dure, au mieux, une petite dizaine d'années. «On est des gens de terrain: mettre des mots sur des pratiques pour les rendre administrativement compréhensibles, cela n'a pas été facile, analyse Jean-Christophe Neyron. La réforme de l'INAO en 2007 nous a aussi fait perdre du temps, on a dû reprendre le dossier. Mais on a pu tenir grâce au soutien des coopératives, qui ont adhéré à la démarche tout le long.»

La reconnaissance désormais obtenue, la cerise va pouvoir attirer de nouveaux producteurs. L'association estime qu'elle peut multiplier par six sa production moyenne. S'il est trop tard pour trouver cette année des cerises labellisées, la saison touchant bientôt à sa fin, cela laisse un an aux producteurs pour monter en puissance. «On va avoir le temps de préparer un conditionnement et de sensibiliser les producteurs», estime René Reynard. Pour le conditionnement, c'est une barquette issue de plastique récupéré en mer, puis recyclé localement, qui devrait être retenu. Reste maintenant à assurer la distribution. «Il y en aura dans toute la France, promet René Reynard. On en trouvera même aux Galeries Lafayette boulevard Haussmann.»

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